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La RDC rejoint le groupe Egmont pour intensifier la traque des capitaux illicites

Publié le 14 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La Cellule nationale des Renseignements financiers (CENAREF) de la République Démocratique du Congo a récemment officialisé son intégration au Groupe Egmont. Ce collectif mondial rassemble les unités de renseignement financier de 170 nations, agissant comme une véritable « Interpol » financière dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Cette adhésion marque une étape cruciale pour Kinshasa dans son combat contre les flux financiers illicites.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Le rôle fondamental du Groupe Egmont réside dans la facilitation d’un échange d’informations sécurisé entre ses membres, que ce soit de manière proactive ou sur requête, concernant les transactions internationales jugées suspectes. Pour la CENAREF, cette connexion représente un atout majeur, lui offrant la capacité de collaborer directement avec ses homologues internationaux pour tracer des mouvements de capitaux complexes. Un exemple typique pourrait être le suivi de fonds transitant de Kinshasa vers des centres financiers comme Dubaï, souvent perçue comme une « machine à laver » mondiale, avant d’être redirigés vers des comptes bancaires en Europe.

Les autorités congolaises voient dans cette intégration bien plus qu’une simple affiliation à un réseau. C’est une démarche stratégique pour contrer des pertes économiques considérables. Selon les estimations de l’Agence de coopération allemande (GIZ), partenaire de la RDC dans la lutte contre les flux financiers illicites, le pays serait privé d’environ 9 milliards de dollars chaque année. Ces sommes colossales sont aspirées par le blanchiment d’argent, la corruption et le commerce illégal, drainant des ressources vitales qui devraient normalement alimenter les services publics et le développement national.

Le diagnostic national des risques, élaboré par les instances congolaises, met en lumière plusieurs menaces prégnantes. Parmi celles-ci, le détournement de fonds publics, la corruption endémique et le commerce illicite de matières premières figurent en tête de liste. Le secteur minier, pilier de l’économie, se révèle particulièrement vulnérable, en raison notamment des défis liés à la traçabilité de ses productions et de l’opacité persistante des chaînes de commercialisation.

L’or artisanal congolais représente un point d’attention majeur. En 2024, la République Démocratique du Congo a déclaré l’exportation officielle de seulement 1,7 tonne d’or artisanal, générant 128 millions de dollars. Cependant, il est largement admis qu’une proportion significative de cette production échappe aux canaux légaux, quittant le territoire via des réseaux informels. Ces flux illicites transitent fréquemment par des pays voisins comme le Rwanda et l’Ouganda, avant d’atteindre les places de marché mondiales, notamment celle de Dubaï.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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