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La RDC et la France unissent leurs forces pour la gouvernance des ressources naturelles à l’ONU

Publié le 14 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

La République démocratique du Congo (RDC), assumant la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de juillet, a résolument mis la question de la gouvernance des ressources naturelles au cœur des discussions internationales. Kinshasa vise à ancrer cette problématique, jugée essentielle aux conflits contemporains, dans l’agenda mondial.

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Dans cette optique, une réunion au format « Arria » s’est tenue à New York, aux États-Unis, le lundi 13 juillet. Cette rencontre a spécifiquement abordé les liens complexes entre l’exploitation des ressources naturelles et la promotion de la paix. L’apogée de cette offensive diplomatique est prévue pour le 22 juillet avec un débat de haut niveau, présidé par le président Félix Tshisekedi, sous le thème éloquent : « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité ».

Le ministère congolais des Affaires étrangères, sous l’impulsion de Thérèse Kayikwamba Wagner, a souligné l’existence d’une « lacune normative » significative dans la gestion des ressources naturelles au sein des contextes de paix et de sécurité. Les mécanismes actuels, tels que la traçabilité des minerais, le devoir de diligence des entreprises ou les dispositifs de lutte contre le financement des conflits, sont perçus comme fragmentés et manquant de cohésion. La RDC plaide ainsi pour l’élaboration d’un cadre international intégré, capable d’harmoniser la gouvernance des ressources naturelles avec la prévention des conflits et la sécurité internationale.

Cette démarche congolaise vise à transformer la perception internationale des ressources naturelles, les élevant au-delà de leur seule dimension économique ou commerciale pour en faire un enjeu stratégique majeur pour la paix et la sécurité mondiale, méritant une place prépondérante à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette vision a trouvé un écho favorable auprès de la France, dont le représentant permanent auprès des Nations unies a réaffirmé le soutien de Paris.

« Les ressources naturelles doivent servir de moteur à un développement durable et équitable, au bénéfice des populations et des nations qui les possèdent. Elles doivent être protégées des prédateurs et de toute utilisation malveillante. Pour l’avenir, la France appuie l’objectif clairement exprimé par la RDC de renforcer et d’harmoniser les initiatives internationales visant à assurer une utilisation responsable de ces ressources. Nous sommes pleinement engagés à contribuer aux travaux du Conseil qui précéderont le débat de haut niveau organisé par la RDC la semaine prochaine, en présence du président Félix-Antoine Tshisekedi », a déclaré Jérôme Bonnafont, ambassadeur et représentant permanent de la France auprès des Nations unies.

Ces initiatives s’inscrivent dans la continuité des priorités définies par la présidence congolaise du Conseil de sécurité. Elles font suite à un briefing du Conseil du 8 juillet, présidé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui avait abordé les violences sexuelles liées aux conflits. Ce briefing avait notamment mis en lumière le coût humain des économies de guerre et l’impératif de renforcer la prévention, la protection des survivantes, la lutte contre l’impunité et les mécanismes de réparation.

Ces efforts diplomatiques se déploient dans un contexte complexe, marqué par le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis concernant les minerais critiques, ainsi que par l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali. Cet accord prévoit des mesures de désescalade, le retrait progressif des forces rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des groupes armés opérant dans l’est de la RDC, notamment les FDLR, considérés par Kigali comme une menace. Cependant, malgré ce cadre diplomatique, la situation sécuritaire dans l’Est du pays demeure extrêmement précaire. Le processus de Doha, mené sous l’égide du Qatar pour faciliter le dialogue entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, reste également dans une impasse.

Les rebelles de l’AFC/M23, que Kinshasa, l’ONU et plusieurs partenaires internationaux accusent d’être soutenus par le Rwanda, continuent de contrôler des villes stratégiques comme Goma et Bukavu, ainsi que diverses localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les affrontements persistent, tandis que les efforts diplomatiques peinent à produire des résultats tangibles et durables, soulignant un décalage persistant entre les avancées annoncées sur le plan diplomatique et la réalité alarmante observée sur le terrain.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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