La guerre de mots entre Moscou et Kiev en Afrique
Une tournée diplomatique en Afrique de l’Est se transforme en nouveau front rhétorique entre Moscou et Kiev. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé des ressortissants ukrainiens de soutenir le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, aux côtés du gouvernement congolais et du Burundi. L’Ukraine a rejeté cette accusation dès le lendemain.
Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, qualifie les propos de Lavrov de désinformation dépourvue de fondement. Il accuse en retour la Russie d’armer des groupes en violation des sanctions internationales et de recruter des ressortissants d’États africains pour combattre contre l’Ukraine.
Une colonne de mercenaires russes de Wagner et de soldats maliens tombe dans une embuscade tendue par des rebelles touaregs et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), dans le nord du Mali. Les rebelles revendiquent plusieurs dizaines de morts dans les deux camps.
Ces deux précédents placent le démenti ukrainien sur la RDC dans une position fragile. Au Mali, un porte-parole officiel avait revendiqué un rôle avant de se rétracter. Au Soudan, l’ambiguïté a persisté sans jamais être tranchée.
Le dossier congolais reste, à ce stade, non documenté, tandis que Lavrov poursuit sa tournée diplomatique avant le troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre.