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La dette publique du Gabon : un fardeau de 15 milliards de dollars en 2025

Publié le 18 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

En 2025, la dette publique du Gabon s’élève à un montant record d’environ 15 milliards de dollars, une situation sans précédent pour l’économie de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Cette augmentation, fruit de plusieurs années de croissance continue et exacerbée par des difficultés de trésorerie ainsi qu’une dépendance accrue aux marchés régionaux, contraint Libreville à des choix budgétaires complexes, d’autant plus que les revenus pétroliers restent cruciaux pour l’équilibre financier de l’État.

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La soutenabilité de l’endettement gabonais en question

En comparaison avec le produit intérieur brut (PIB) national, cette dette frôle désormais la limite communautaire de 70 % établie par la CEMAC. Pourtant, le Gabon, cinquième puissance économique de la sous-région, était reconnu dans les années 2000 pour sa gestion rigoureuse des indicateurs macroéconomiques. Cette tendance s’est inversée, notamment à cause de la chute des prix du pétrole en 2014, de la pandémie de COVID-19, et de l’accroissement du coût du service de la dette domestique, détenue par les banques nationales et via les titres publics de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).

La dette actuelle du Gabon se compose majoritairement d’une dette externe, principalement liée aux euro-obligations émises entre 2013 et 2020, et d’une dette intérieure dont la part ne cesse de croître. Les fréquentes émissions de bons et d’obligations du Trésor sur le marché sous-régional ont permis de financer les dépenses courantes, mais à un coût élevé en raison des taux d’intérêt, impactant directement le budget de fonctionnement. Chaque emprunt supplémentaire augmente ainsi le coût global de l’endettement.

La transition d’Oligui Nguema face aux délicats arbitrages budgétaires

Dès son accession au pouvoir en août 2023, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement positionné le rétablissement de l’équilibre budgétaire comme une priorité de son agenda économique. Le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a initié divers audits de la dette, ciblant particulièrement les arriérés de paiements dus aux fournisseurs de l’État et aux collectivités. L’ambition est de détecter les créances contestables et de restructurer celles avérées, dans le but de dégager des fonds pour les investissements publics.

Cependant, ce processus est freiné par un calendrier de remboursements serré. Le Gabon doit faire face à plusieurs échéances d’euro-obligations prochainement, dont un titre en dollars arrivant à maturité, dont le refinancement représente un défi crucial. En 2024, Libreville a tenté une opération de gestion de passif sur le marché international, partiellement liée à un mécanisme de conversion dette-nature, sans apporter de solution durable. Pour regagner la confiance des investisseurs, il est impératif d’assurer une transparence sur la loi de finances et de relancer le dialogue officiel avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Les piliers économiques du Gabon : pétrole, manganèse et bois

L’aptitude du Gabon à gérer cette lourde dette est directement liée à la vitalité de ses industries exportatrices. Le pétrole reste la principale source de revenus de l’État, avec une production journalière avoisinant les 200 000 barils, bien qu’en léger déclin structurel. Le manganèse, où Libreville se distingue comme un acteur majeur mondial via la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog), une entité du groupe français Eramet, contribue de plus en plus, stimulée par une forte demande asiatique. La transformation du bois, notamment grâce à la zone économique spéciale de Nkok, vient compléter ce trio de secteurs clés.

De surcroît, les autorités gabonaises comptent sur l’intensification des projets d’infrastructures routières et énergétiques pour dynamiser la croissance hors pétrole. Des initiatives majeures comme la Transgabonaise et divers partenariats dans l’hydroélectricité sont censées propulser l’activité économique au-delà de 3 % annuellement, un seuil indispensable pour stabiliser le rapport dette/PIB. Faute d’une telle impulsion, le Gabon pourrait subir une nouvelle dégradation de sa note souveraine, déjà affaiblie par plusieurs révisions à la baisse des agences internationales ces dernières années.

La stratégie budgétaire envisagée pour 2026 devra donc habilement combiner une rigueur dans les dépenses, une meilleure collecte des recettes non fiscales et une renégociation stratégique de l’encours de la dette. Cet équilibre, bien que complexe, est essentiel pour renforcer la confiance des marchés régionaux et internationaux envers le Gabon. Le niveau d’endettement prévu pour 2025 représente un indicateur critique pour l’avenir économique du pays.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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