La Côte d’Ivoire hôte du RAPDP 2026 : l’avenir des données personnelles en Afrique
La capitale économique ivoirienne, Abidjan, est depuis le lundi 18 mai 2026 le théâtre de la neuvième conférence internationale du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP). Cet événement d’envergure, qui s’étend sur quatre jours, rassemble des délégations issues de plus de trente nations africaines et européennes, avec une forte représentation de vingt-quatre pays du continent. Des experts internationaux, des acteurs du secteur privé et des institutions spécialisées participent également à ces échanges cruciaux. La cérémonie d’ouverture, placée sous la présidence de Djibril Ouattara, ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, a lancé les travaux axés sur les défis contemporains de l’intelligence artificielle, des plateformes numériques et des données biométriques, des sujets au cœur de l’actualité numérique africaine.
Au centre des débats de cette rencontre se trouve l’élaboration et l’adoption de la Déclaration d’Abidjan 2026-2030. Ce document stratégique est appelé à définir les grandes orientations de la gouvernance numérique sur le continent pour les années à venir, tout en accompagnant le renouvellement des instances dirigeantes du réseau. Amadou Hiro, président du RAPDP, a lancé un appel vibrant à une synergie des efforts pour ériger une véritable souveraineté numérique, s’appuyant sur une coopération renforcée entre les États membres. Le ministre Ouattara a quant à lui rappelé la pertinence du thème de la conférence, « Réguler sans freiner l’innovation », soulignant la nécessité de concevoir une régulation équilibrée, adaptée aux spécificités africaines, qui puisse simultanément garantir la protection des données personnelles des citoyens et stimuler l’essor technologique.
Lors de son intervention, Roger Félix Adom, président du Conseil de régulation de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI), a mis en lumière l’importance des dimensions humaines et sécuritaires dans la gestion des données. Il a insisté sur le fait que la protection des données personnelles transcende les considérations purement techniques ou légales. Elle touche directement à des principes fondamentaux tels que la vie privée, la dignité humaine, la liberté individuelle et la confiance que les citoyens accordent à l’action publique. Selon lui, loin d’être un obstacle, une régulation bien pensée doit servir de cadre propice à l’innovation, dynamisant ainsi l’écosystème numérique.
La Côte d’Ivoire a présenté son propre parcours exemplaire en matière de conformité réglementaire, illustrant les dynamiques en œuvre à l’échelle continentale. Ce cheminement national comprend des étapes clés comme l’adoption de la loi du 19 juin 2013 relative aux données à caractère personnel, l’initiation de campagnes de sensibilisation dès 2015, la mise en place de contrôles de conformité en 2022, et l’implémentation de normes simplifiées. L’année 2026 marque une avancée notable avec la création du fichier national des correspondants dédiés à la protection des données personnelles. Cette démarche ivoirienne s’inscrit dans une ambition plus large des régulateurs africains de s’unir pour faire face, d’une seule voix, aux transformations technologiques mondiales et aux enjeux de la gouvernance numérique sur le continent.