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Industrialisation de la Côte d’Ivoire : leviers pour une économie émergente

Publié le 10 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Pourquoi l’industrialisation est-elle cruciale pour l’avenir économique de la Côte d’Ivoire ?

Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau, la question de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire a été au cœur des débats. Paul-Harry Aithnard, directeur Région UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a partagé son analyse sur ce sujet stratégique. Selon lui, pour que la Côte d’Ivoire atteigne le statut de pays émergent, elle doit impérativement accélérer son processus d’industrialisation. Cette transformation structurelle est, à ses yeux, indispensable pour propulser l’économie ivoirienne vers de nouveaux sommets.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

Pour illustrer son propos, Paul-Harry Aithnard a comparé les performances économiques de la Côte d’Ivoire et de la Malaisie. Il a souligné que le PIB de la Côte d’Ivoire, actuellement estimé à 100 milliards de dollars, correspondait exactement à celui de la Malaisie il y a 25 ans. Or, ce pays asiatique a réussi à quadrupler son PIB en une génération, atteignant plus de 400 milliards de dollars aujourd’hui. Cette performance est directement liée à sa stratégie d’industrialisation et de transformation économique.

Comment réussir l’industrialisation de la Côte d’Ivoire ? Les propositions clés

Pour transformer cette vision en réalité, Paul-Harry Aithnard a identifié plusieurs leviers stratégiques à actionner. Son approche repose sur trois piliers fondamentaux :

1. Renforcer l’inclusion financière pour stimuler l’épargne et l’investissement

L’une des priorités mises en avant par le directeur général est le développement de l’inclusion financière. Selon lui, il est essentiel que la population puisse accéder à des solutions bancaires modernes pour stocker son argent, effectuer des paiements, se financer et investir. Cette inclusion passe notamment par :

  • La mise en place de comptes accessibles à tous les citoyens
  • Le développement de services de paiement digitalisés
  • L’encouragement à l’épargne et à l’investissement via des solutions adaptées
  • Le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) pour faciliter leur accès au crédit

Cette dynamique permettrait de mobiliser l’épargne nationale et de la réinvestir dans l’économie réelle, créant ainsi un cercle vertueux de croissance.

2. Accélérer la digitalisation pour booster la productivité

La technologie et l’innovation sont présentées comme des catalyseurs essentiels pour l’industrialisation. Paul-Harry Aithnard insiste sur la nécessité de s’appuyer sur des solutions digitales pour :

  • Réduire les coûts de production
  • Améliorer l’efficacité des processus industriels
  • Faciliter l’accès aux marchés et aux financements
  • Permettre une montée en puissance rapide (scalabilité) des entreprises

Cette approche permettrait à la Côte d’Ivoire de rattraper son retard technologique et d’optimiser sa compétitivité sur la scène internationale.

3. Mobiliser le secteur privé et les banques pour financer les infrastructures

Le secteur privé, et en particulier le secteur bancaire, a un rôle majeur à jouer dans cette transition. Paul-Harry Aithnard souligne que les banques doivent accompagner cette vision en finançant les grands projets d’infrastructures nécessaires au développement industriel. Il cite en exemple le choix délibéré d’Ecobank Côte d’Ivoire de soutenir des initiatives structurantes pour l’économie ivoirienne.

Ces investissements dans les infrastructures (transports, énergie, télécommunications) créeront un environnement propice à l’émergence de nouvelles industries et à l’attraction d’investissements étrangers.

Le rôle de l’État : électricité, éducation et innovation

L’État ivoirien ne doit pas rester en marge de cette transformation. Plusieurs domaines stratégiques nécessitent son intervention :

Développer le secteur de l’énergie

L’électricité est un préalable absolu à toute industrialisation. Paul-Harry Aithnard salue les efforts déjà consentis par la Côte d’Ivoire pour augmenter sa capacité de production énergétique, une progression jugée impressionnante ces dernières années. Cependant, il estime que des investissements supplémentaires sont nécessaires pour garantir un approvisionnement stable et abordable à long terme.

Améliorer le système éducatif

L’éducation est un autre pilier essentiel. Le directeur général recommande de renforcer les compétences dans trois domaines clés :

  • Les sciences : pour former une main-d’œuvre qualifiée et innovante
  • La technologie : pour doter les entreprises de compétences en digitalisation et en automatisation
  • Le management : pour améliorer la gouvernance des entreprises et des institutions

Il se félicite des signaux positifs déjà émis dans le domaine éducatif, indiquant que des choix stratégiques sont en cours de mise en œuvre.

Un modèle inspirant : les leçons de la Malaisie

L’exemple de la Malaisie sert de référence pour la Côte d’Ivoire. Ce pays a réussi à passer d’un PIB de 100 milliards de dollars en 2000 à plus de 400 milliards aujourd’hui, grâce à une politique industrielle ambitieuse. Les enseignements à tirer sont multiples :

  • La diversification économique : ne pas dépendre d’un seul secteur (comme l’agriculture ou les matières premières)
  • L’attractivité des investissements étrangers : en créant un environnement des affaires favorable
  • L’innovation et la technologie : pour moderniser les industries traditionnelles et en développer de nouvelles
  • L’éducation et la formation : pour préparer la main-d’œuvre aux défis futurs

La Côte d’Ivoire a toutes les cartes en main pour reproduire ce succès, à condition de s’engager résolument dans une stratégie d’industrialisation cohérente et ambitieuse.

Conclusion : vers une économie ivoirienne transformée

L’industrialisation n’est pas une option, mais une nécessité pour la Côte d’Ivoire. Les propositions de Paul-Harry Aithnard offrent une feuille de route claire pour y parvenir : renforcer l’inclusion financière, accélérer la digitalisation, mobiliser le secteur privé et l’État, et s’inspirer des modèles réussis comme celui de la Malaisie. En agissant dès maintenant, la Côte d’Ivoire pourrait non seulement quadrupler son PIB en 25 ans, mais aussi se positionner comme un leader économique en Afrique de l’Ouest.

Le défi est de taille, mais les opportunités sont immenses. L’heure est à l’action collective pour transformer cette vision en réalité et offrir un avenir prospère aux générations futures.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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