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Hausse des prix de la volaille à Ati : quelles conséquences pour le Tchad ?

Publié le 9 août 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Hausse des prix de la volaille à Ati : un défi pour les ménages et les commerçants au Tchad

La ville d’Ati, située au cœur du Tchad, fait face à une crise sans précédent dans le secteur de la volaille. Depuis plusieurs mois, les prix des poulets, pintades et coqs ont bondi, plongeant les familles, les commerçants et les éleveurs dans une situation économique délicate. Cette flambée menace non seulement la sécurité alimentaire des habitants, mais aussi l’équilibre de toute une filière avicole locale.

Écoutez cet articleEnviron 6 min
Marché de volailles à Ati : les prix flambent

Des prix qui s’envolent, des budgets familiaux sous pression

Au marché central d’Ati, l’atmosphère est loin de l’effervescence habituelle. Les étals, autrefois animés par une clientèle nombreuse, affichent désormais des prix qui font fuir les consommateurs. Un poulet, qui se vendait entre 6 000 et 8 000 FCFA il y a quelques mois, coûte désormais entre 10 000 et 15 000 FCFA. Pour les pintades et les coqs, la hausse est tout aussi vertigineuse : leur prix a presque doublé, voire triplé pour certains spécimens.

Cette augmentation coïncide avec une période où les familles tchadiennes doivent déjà composer avec une hausse générale du coût de la vie. Les ménages, déjà fragilisés par la baisse du pouvoir d’achat, sont contraints de revoir leurs dépenses alimentaires. « Avant, nous mangions du poulet une fois par semaine. Aujourd’hui, c’est devenu un luxe que nous ne pouvons plus nous offrir régulièrement, » confie Amina Mahamat, mère de cinq enfants. Pour beaucoup, la volaille, principale source de protéines animales, est progressivement remplacée par des aliments moins chers, mais souvent moins nutritifs.

Commerçants et restaurateurs en première ligne

Les vendeurs de volailles ne sont pas épargnés par cette crise. Malgré l’augmentation des prix, leurs revenus ne suivent pas. « Les clients négocient sans cesse et repartent souvent sans acheter. Même lorsque je vends, mes marges sont réduites à peau de chagrin, » explique Issa Hassan, commerçant depuis plus de dix ans. Les restaurateurs et vendeurs de grillades subissent également les conséquences de cette hausse : pour éviter de perdre leur clientèle, ils augmentent les prix des repas ou réduisent les portions, au risque de voir leur activité décliner.

Éleveurs sous le joug des coûts de production

Du côté des éleveurs, la situation est tout aussi préoccupante. Les charges liées à l’élevage de volailles ont explosé : aliments pour animaux, produits vétérinaires et transport voient leurs prix grimper en flèche. À cela s’ajoutent les défis climatiques, comme la rareté de l’eau et du pâturage, ainsi que les épidémies qui déciment parfois les troupeaux. « Nos dépenses augmentent chaque mois, et nous sommes obligés de répercuter ces coûts sur les prix de vente, » souligne Abakar Abdoulaye, éleveur dans les environs d’Ati. Mais cela ne garantit pas pour autant des bénéfices satisfaisants. »

Une économie locale en péril

L’impact de cette crise dépasse le cadre des ménages et des commerçants. Toute une chaîne économique est touchée : transporteurs, revendeurs d’aliments pour bétail, restaurateurs et petits commerçants voient leur activité ralentir. Selon des estimations locales, les ventes de volailles auraient chuté de 20 à 30 % par rapport à l’année précédente, bien que ces chiffres restent à confirmer par des données officielles.

Pour les économistes, une baisse de la consommation de volaille a des répercussions en cascade : baisse des revenus pour les ménages, réduction des recettes pour les petits commerçants, et affaiblissement de l’économie locale. Lorsque les familles serrent leur budget, c’est toute la dynamique économique qui se grippe.

Quelles solutions pour sortir de cette impasse ?

Face à cette situation critique, plusieurs acteurs locaux appellent à des mesures urgentes pour soutenir la filière avicole. Parmi les pistes évoquées :

  • Un accès facilité aux aliments pour volailles à des tarifs abordables, afin de réduire les coûts de production pour les éleveurs.
  • Le renforcement des services vétérinaires, notamment par des campagnes de vaccination régulières pour limiter les pertes liées aux maladies aviaires.
  • Des facilités de financement pour les petits éleveurs, afin de leur permettre d’investir dans des infrastructures plus adaptées.
  • Un accompagnement technique pour améliorer les méthodes de production et augmenter l’offre locale de volailles.

Ces mesures pourraient contribuer à stabiliser les prix, augmenter l’offre de volailles sur les marchés et, in fine, renforcer la sécurité alimentaire dans la région du Batha.

Un enjeu de taille pour les autorités

La flambée des prix de la volaille à Ati est bien plus qu’un simple problème économique : elle reflète les difficultés structurelles auxquelles sont confrontées les populations tchadiennes. Sans une réponse adaptée et rapide, cette crise risque d’aggraver la précarité des ménages et de freiner le développement économique de la région.

Pour de nombreux habitants, l’accès à une alimentation équilibrée devient un défi quotidien. La maîtrise des prix des produits de première nécessité, comme la volaille, doit donc devenir une priorité absolue pour les autorités locales et nationales. L’heure n’est plus à l’attente : des actions concrètes sont nécessaires pour éviter une crise sociale encore plus profonde.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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