Guillaume Warmuz révèle les secrets de la première victoire d’un club français à wembley
guillaume Warmuz révèle les secrets de la première victoire d’un club français à wembley
Le 25 novembre 1998, le Racing Club de Lens écrivait une page d’histoire à Wembley. Devant près de 8 000 supporters lensois, les Sang et Or s’imposaient face à Arsenal, champion d’Angleterre en titre, et devenaient ainsi le premier club français à triompher dans l’enceinte mythique du stade londonien. Trente ans plus tard, l’ancien gardien des Lensois, Guillaume Warmuz, se souvient de cette soirée légendaire.
Une préparation tournée vers l’exploit
Guillaume Warmuz, aujourd’hui âgé de 55 ans, évoque avec émotion l’état d’esprit de l’équipe avant ce match hors norme. « Dès notre arrivée à Londres, on a ressenti une énergie différente. On a changé de dimension. L’objectif ? Profiter de ce moment unique sans pression, tout en savourant la récompense de notre titre de champion de France. »
L’ancien gardien explique comment l’équipe a abordé cette rencontre : « On est en Ligue des champions, ce match est une consécration. On ne voulait pas le gaspiller. Le discours de Daniel Leclercq était clair : ‘On a mérité d’être là, il faut y aller sans complexe.’ »
Une stratégie audacieuse
Face à une équipe anglaise réputée pour son jeu physique et son attaque redoutable, avec des joueurs comme Nicolas Anelka et Marc Overmars, le Lens a choisi une approche offensive. Warmuz détaille la tactique : « On a décidé de couper l’équipe en deux, cinq en attaque, cinq en défense. Pas de plan anti-Anelka ou anti-Overmars, on voulait jouer notre jeu, les agresser. »
Le système défensif a été repensé : « On est passé à quatre défenseurs, une charnière Déhu-Magnier, pour monter haut et jouer en zone. Frédéric Déhu, notre capitaine, a couvert une large partie du terrain, tandis que je devais monter pour couper les appels des attaquants adverses. »
Les moments clés du match
La première période a été intense. Warmuz se souvient de deux interventions décisives : « Dès la 6e minute, Overmars part en contre, je dois anticiper sa course et récupérer le ballon. Puis à la 31e, Anelka est lancé dans le dos de nos défenseurs. Je dois sortir, tacle au sol pour le désarmer. Sans cette action, tout aurait basculé. »
À la mi-temps, le score est toujours vierge. Lens est solide, mais Arsenal, piqué dans son orgueil, revient plus agressif. « Dans le vestiaire, Leclercq nous a demandé de resserrer les lignes. On était un peu trop étirés, Anelka en profitait pour s’infiltrer. Il fallait corriger cela. »
L’explosion en seconde période
Le match bascule à la 73e minute. Après une récupération de Tony Vairelles, Wagneau Éloi lance Vladimir Smicer, qui centre depuis la gauche. Mickaël Debève, au second poteau, marque l’unique but du match. « Quand on marque, la joie est collective, mais contenue. Il reste vingt-cinq minutes, on est à Wembley, il ne faut pas perdre la tête. »
Les dernières minutes sont électriques. Arsenal, frustré, multiplie les longs ballons et les contacts. À la 89e, Overmars se retrouve face à Warmuz en pleine surface. « Je m’avance, il tente un lob raté. Je capte le ballon, c’est fini. »
Un souvenir inoubliable
À la fin du match, Warmuz savoure seul sur la pelouse. « Je suis retourné au vestiaire, j’ai pris mon temps. Puis je suis ressorti, et là… plus une âme. Juste les projecteurs qui s’éteignent un à un. J’étais seul dans Wembley. J’ai regardé les tribunes, j’ai pensé à ma ville, Blanzy… C’était irréel. »
Il conclut : « Non seulement j’ai gagné à Wembley, mais j’ai été le premier à le faire avec un club français. Merci. »
Le saviez-vous ?
- L’arbitre de la rencontre était Anders Frisk, un Suédois.
- Seuls 8 000 supporters lensois avaient fait le déplacement.
- Arsenal avait délocalisé ses matches de Ligue des champions à Wembley pour augmenter ses recettes.
- Lens a terminé deuxième de son groupe, derrière le Dynamo Kiev, mais cette victoire reste gravée dans l’histoire.