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Gabon : vers une égalité territoriale enfin concrétisée

Publié le 18 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Politique

Gabon : vers une égalité territoriale enfin concrétisée

Par notre rédaction 18 juin 2026 176 Aucun commentaire
chantier urbain au Gabon

Libreville, 18 juin 2026 – Depuis des générations, le Gabon, riche en ressources naturelles mais marqué par une faible densité de population, a vu son développement se concentrer dans quelques grandes villes. Pourtant, cette concentration des infrastructures et des opportunités économiques a creusé des écarts profonds entre les territoires, laissant des pans entiers du pays à l’écart du progrès.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Cette dichotomie territoriale, longtemps acceptée comme une fatalité, est aujourd’hui au cœur d’une refonte stratégique portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Son objectif ? Transformer cette inégalité historique en opportunité de cohésion nationale.

Lors d’une allocution devant le Parlement réuni en Congrès, il a martelé une promesse claire : « Aucun territoire ne sera abandonné. » Derrière cette formule, se dessine une ambition bien plus large que la simple construction d’infrastructures. Il s’agit de réinventer la relation entre l’État et les populations, en faisant de chaque région un acteur clé de la prospérité gabonaise.

Combler les écarts : un impératif économique et social

Pendant des décennies, les investissements publics ont prioritairement bénéficié à Libreville et Port-Gentil. Cette centralisation a non seulement accentué les déséquilibres régionaux, mais a aussi alimenté un sentiment d’exclusion dans les zones reculées. Les conséquences sont multiples : exode rural massif, manque criant d’infrastructures de base, et surtout, un potentiel économique inexploité.

Les experts en développement sont unanimes : les inégalités territoriales constituent un frein majeur à la croissance durable en Afrique. Sans routes praticables, sans hôpitaux fonctionnels ou sans écoles adaptées, comment attirer des investisseurs, valoriser les ressources locales ou créer des emplois durables ? La réponse réside dans une politique volontariste de rééquilibrage, comme celle que le Gabon s’apprête à mettre en œuvre.

Les projets en cours à Cocobeach, Makokou, Oyem, Bifoun ou encore dans plusieurs quartiers de Libreville illustrent cette volonté de redistribution des richesses et des opportunités. Ces chantiers ne sont pas de simples infrastructures : ils sont les piliers d’une économie plus inclusive, où chaque territoire devient un maillon essentiel du développement national.

Des infrastructures qui dynamisent l’économie locale

Le développement territorial ne se limite pas à la quantité de routes ou de bâtiments construits. Il s’agit d’une stratégie globale visant à stimuler l’activité économique locale. Une route bien conçue désenclave les producteurs agricoles et facilite l’écoulement de leurs récoltes. Un hôpital moderne améliore l’attractivité d’une ville et retient les compétences locales. Une université offre aux jeunes une formation de qualité, limitant ainsi l’exode des talents. Chaque projet s’inscrit dans une logique de création de valeur partagée.

Cette approche s’inspire des succès enregistrés par d’autres pays africains, comme le Maroc, le Rwanda ou le Sénégal. Ces nations ont prouvé qu’une politique active de développement territorial pouvait non seulement accélérer la croissance, mais aussi apaiser les tensions sociales en offrant à chacun les moyens de s’épanouir.

Pour le Gabon, cette stratégie représente une opportunité unique de diversifier son économie. En développant des pôles régionaux dynamiques, le pays pourrait réduire sa dépendance vis-à-vis de Libreville et Port-Gentil, tout en renforçant la résilience de ses territoires.

Rétablir la confiance entre l’État et les citoyens

Au-delà des chiffres et des projets, cette politique porte une dimension profondément humaine. Elle vise à restaurer le lien de confiance entre les Gabonais et leurs institutions. Les tournées présidentielles et les missions de suivi des projets ont permis de replacer les préoccupations locales au cœur de l’action publique. Une approche qui rompt avec une gouvernance souvent perçue comme déconnectée des réalités du terrain.

Cependant, le véritable défi reste à venir. Les attentes sont immenses, et les populations jugeront cette politique non pas sur les promesses, mais sur les résultats tangibles. Des routes livrées à temps, des hôpitaux opérationnels, des écoles fonctionnelles, un accès facilité à l’eau et à l’électricité : ce sont là les critères qui détermineront la crédibilité de cette ambition.

La formule « aucun territoire ne sera abandonné » engage bien plus qu’un simple programme d’investissements. Elle incarne une vision de la République où l’équité territoriale devient le moteur de la cohésion nationale et de la prospérité collective. Si cette stratégie se concrétise durablement, elle pourrait marquer l’une des transformations les plus profondes de l’histoire récente du Gabon. Car une nation ne se construit pas en développant quelques villes seulement. Elle se construit en faisant de chaque territoire un acteur à part entière de son destin commun.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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