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Gabon : les projets financés doivent enfin livrer des résultats tangibles

Publié le 1 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Économie

Gabon : les projets financés doivent enfin livrer des résultats tangibles

Rédacteur en chef 1er juillet 2026 98 Aucun commentaire
Projets d'infrastructure au Gabon

Libreville, le 1er juillet 2026 – Le Gabon a choisi de passer à l’action. Face aux retards persistants de plusieurs chantiers financés par la Banque africaine de développement (BAD), les autorités gabonaises ont décidé d’exiger des avancées concrètes. Cette volonté a été clairement exprimée lors d’un échange majeur entre le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et l’administrateur-pays de la BAD, Mamour Ousmane Ba, le 29 juin à Libreville.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Parmi les priorités discutées, deux projets symbolisent cette exigence de résultats. D’abord, le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIAEPAL), dont l’objectif est d’améliorer durablement l’accès à l’eau dans la capitale gabonaise. Ensuite, la route Ndendé-Doussala, infrastructure essentielle pour renforcer les échanges économiques avec les pays voisins. Deux chantiers attendus depuis des années, mais dont l’avancement reste sous haute surveillance.

Fin des délais d’attente : l’heure des comptes

Depuis plusieurs années, le Gabon s’appuie sur des financements internationaux pour moderniser ses infrastructures. Pourtant, de nombreux projets accusent un retard persistant par rapport aux calendriers prévus, suscitant une impatience croissante parmi la population.

Cette réunion avec la BAD marque un tournant dans l’approche gouvernementale. Désormais, l’accent est mis sur la performance et l’obligation de résultats. Chaque financement obtenu doit se traduire par un impact réel sur le quotidien des Gabonais.

Cette nouvelle exigence prend tout son sens dans un contexte budgétaire serré. Pour les autorités, l’enjeu n’est plus seulement de mobiliser des fonds, mais de garantir leur efficacité. Les citoyens évaluent désormais les politiques publiques à l’aune des réalisations concrètes, bien plus qu’à celle des montants engagés.

Le PIAEPAL illustre parfaitement cette situation. Alors que l’accès à l’eau potable reste difficile dans plusieurs quartiers de Libreville, les retards accumulés alimentent les critiques et remettent en cause la crédibilité des engagements publics.

La route Ndendé-Doussala connaît des difficultés similaires. Longtemps présentée comme un axe stratégique pour le désenclavement et le développement économique, son achèvement tarde à apporter les bénéfices escomptés pour les populations et les acteurs économiques locaux.

Une responsabilité partagée pour briser les blocages

L’un des points marquants de cette rencontre réside dans la reconnaissance des obstacles structurels qui freinent les projets. Hermann Immongault a souligné l’importance de clarifier les rôles de chaque acteur et d’identifier les causes profondes des retards, loin des habituelles accusations ciblées envers les entreprises ou les bailleurs.

En pointant du doigt les dysfonctionnements internes à l’administration, le gouvernement reconnaît que les difficultés relèvent souvent d’un ensemble de facteurs interdépendants. Lourdeurs administratives, coordination défaillante entre institutions, lenteurs décisionnelles ou contraintes techniques s’accumulent et ralentissent considérablement les chantiers.

Cette prise de conscience est un signal fort. Car les retards chroniques ne sont généralement pas le fait d’un seul acteur, mais reflètent souvent les limites des systèmes de gestion des projets publics.

Un défi de crédibilité pour les réformes en cours

Côté BAD, la position reste mesurée. Mamour Ousmane Ba a réaffirmé la disponibilité de l’institution à soutenir les priorités gabonaises, tout en recueillant les orientations nécessaires pour les transmettre aux instances dirigeantes de la Banque.

Cette posture illustre la réalité des partenariats entre États et bailleurs de fonds. Les financements peuvent être mobilisés, mais leur efficacité dépend avant tout des capacités nationales d’exécution.

C’est précisément ici que se situe le défi principal. Au-delà des discours et des annonces, la crédibilité de la nouvelle stratégie gouvernementale reposera sur sa capacité à produire rapidement des résultats tangibles.

L’accès à l’eau potable dans la capitale et la finalisation de la route Ndendé-Doussala deviennent ainsi des indicateurs clés de cette volonté politique. Ils permettront de juger si le changement de discours à Libreville se traduit par une véritable transformation des méthodes de travail.

Dans un contexte où la compétition pour l’accès aux financements internationaux s’intensifie, les pays les plus attractifs ne sont plus ceux qui empruntent le plus, mais ceux qui prouvent leur capacité à convertir efficacement les ressources mobilisées en infrastructures opérationnelles et en amélioration durable du bien-être social.

Le message adressé à la BAD est sans ambiguïté : le Gabon exige désormais que chaque projet financé se concrétise en une réalisation visible. Reste à savoir si cette fermeté nouvelle permettra enfin de rompre avec le cycle des retards qui handicape depuis trop longtemps les grands chantiers nationaux.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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