Gabon : le gouvernement audite tous les permis d’exploitation d’or pour assainir le secteur minier

Dès le mois de juillet 2026, le ministère des Mines du Gabon lance une campagne d’audit systématique de l’ensemble des permis aurifères en vigueur. Cette opération sans précédent marque un tournant dans la volonté de l’État de reprendre le contrôle d’une filière minière jusqu’alors marquée par un manque criant de transparence.

Tous les acteurs du secteur, qu’ils soient en phase d’exploration ou d’exploitation active, seront soumis à un examen approfondi. Une commission dédiée passera au crible leurs dossiers administratifs, la viabilité technique de leurs projets et leur stabilité financière. Aucun permis ne sera laissé de côté dans cette vaste opération de vérification.

L’objectif affiché est double : éliminer les titres dormants, ces autorisations détenues par des opérateurs qui ne les exploitent pas, et ainsi libérer des zones riches en potentiel géologique. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique régionale, le Gabon s’alignant sur ses voisins d’Afrique centrale et de l’Ouest qui durcissent également leurs réglementations minières.

Un secteur minier à réinventer pour réduire la dépendance économique

Pour Libreville, l’enjeu est de taille. Longtemps tributaire des revenus pétroliers et manganésifères, le pays cherche à diversifier son économie. L’or représente une piste prometteuse, mais son développement se heurte à deux obstacles majeurs : l’orpaillage clandestin et l’évasion des capitaux vers des circuits opaques.

La réussite de cette transition exige une gouvernance renforcée. Audelà des bénéfices fiscaux, cette initiative vise à démontrer la capacité de l’État à affirmer sa souveraineté sur ses ressources naturelles face à des acteurs internationaux et des réseaux transfrontaliers bien organisés.

Entre assainissement nécessaire et risque de décourager les investisseurs

Les entreprises qui ne pourront justifier de leur régularité administrative ou financière s’exposent à la perte définitive de leurs permis. Cette perspective pourrait remettre sur le marché plusieurs blocs miniers, redistribués selon des critères plus stricts intégrant des exigences de contenu local et de solidité économique.

Cependant, un piège guette cette opération : celui d’un processus perçu comme désordonné ou arbitraire, susceptible de dissuader les investisseurs étrangers. Ces derniers, déjà méfiants face aux risques juridiques, pourraient hésiter à s’engager dans un pays où les règles du jeu minier semblent instables. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer si cette réforme transforme durablement le paysage minier gabonais ou si elle reste une simple formalité bureaucratique.