Gabon : interdiction temporaire des exportations de sardine et de poisson « sans nom » pour protéger les stocks
Depuis le 26 mars 2026, le gouvernement gabonais a pris une mesure exceptionnelle pour garantir la disponibilité des produits de la pêche sur le marché local. Deux arrêtés ministériels, publiés au Journal officiel le 16 avril 2026, interdisent désormais l’exportation de la sardine (Ethmalosa fimbriata) et du poisson surnommé « sans nom » (Heterotis niloticus) à travers tout le territoire national. Cette décision s’inscrit dans un contexte de pénurie croissante, alors que ces ressources continuent d’alimenter les marchés étrangers, notamment via les zones frontalières comme Cocobeach.
L’objectif affiché est clair : prioriser l’approvisionnement des ménages gabonais et limiter les sorties incontrôlées de ces espèces halieutiques. Marie Françoise Dikoumba, gouverneure de la province de l’Estuaire, s’est rendue à Cocobeach fin mai pour renforcer la sensibilisation auprès des acteurs locaux : pêcheurs, commerçants et transporteurs. Cette initiative répond à l’inquiétude grandissante des consommateurs face à la rareté des sardines sur les étals, une situation qui alourdit les dépenses des familles et fragilise l’accès à une denrée essentielle.
Stabiliser l’offre et sécuriser les ressources halieutiques
Les textes réglementaires détaillent les motivations derrière cette interdiction temporaire. Ils visent à discipliner les circuits de production et de distribution, stabiliser les prix et éviter une flambée des coûts pour les Gabonais. Parallèlement, les autorités ambitionnent d’améliorer la traçabilité des produits de la pêche, de renforcer les normes sanitaires et d’assurer une meilleure gestion des exportations futures. Cette approche s’aligne sur deux enjeux majeurs : la lutte contre la vie chère et la consolidation de la souveraineté alimentaire, des priorités clairement affichées par l’exécutif.
Le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue souligne par ailleurs la pression exercée sur les stocks de sardines dans les eaux gabonaises et sur les populations de « sans nom » dans les écosystèmes fluviaux et lacustres. En stoppant temporairement les exportations, l’État cherche à permettre une reconstitution naturelle des ressources et à encourager une exploitation durable. Les contrevenants ne seront pas épargnés : les sanctions prévues par le Code des pêches incluent la saisie des cargaisons, la suspension des autorisations de pêche, voire des poursuites judiciaires, sauf dérogation exceptionnelle accordée par les services compétents.