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Gabon et FMI : un nouveau partenariat stratégique autour du PNCD

Publié le 25 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La collaboration entre le Gabon et le Fonds monétaire international (FMI) s’intensifie. Le 23 juillet, à Libreville, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a accueilli une délégation menée par Régis Olivier N’Sondé, administrateur de l’institution de Bretton Woods. L’objectif principal de cette rencontre était de définir les contours d’un futur programme de coopération financière, dont la finalisation est prévue pour décembre 2026. Les deux entités ont convenu d’ancrer cet accord majeur sur le Plan national de développement pour la transition (PNCD), qui sert de feuille de route économique à l’exécutif gabonais.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Le PNCD, pilier central du programme FMI

Le Plan national de développement pour la transition (PNCD) représente la stratégie adoptée par les autorités gabonaises pour l’après-transition. Ses ambitions sont claires : diversifier une économie encore fortement dépendante des revenus pétroliers, moderniser les infrastructures essentielles et optimiser la gestion des finances publiques. Ce plan, placé au cœur des discussions avec le FMI, constituera la base des réformes que Libreville s’engage à mettre en œuvre en échange d’un soutien budgétaire et technique indispensable.

Pour le gouvernement de transition, cette synergie entre le PNCD et le programme du FMI est cruciale pour renforcer la crédibilité du pays auprès de ses partenaires financiers. Après des années de contraintes budgétaires exacerbées par la fluctuation des prix des hydrocarbures, le Gabon cherche désormais à sécuriser des marges de manœuvre financières tout en maintenant sa trajectoire d’investissement. Un accord avec le Fonds enverrait également un message positif aux agences de notation et aux investisseurs internationaux, d’autant plus que plusieurs nations de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) négocient actuellement des arrangements similaires avec l’institution.

Des négociations étalées sur dix-huit mois

Le calendrier établi prévoit la conclusion des échanges techniques d’ici décembre 2026. Ce délai étendu vise à permettre aux équipes gabonaises et aux experts du FMI d’harmoniser leurs diagnostics macroéconomiques, d’ajuster les objectifs de consolidation budgétaire et de fixer des indicateurs de suivi précis. Les précédents programmes du Gabon avec le FMI avaient rencontré des obstacles lors de leur exécution, notamment concernant la maîtrise de la masse salariale et l’amélioration du recouvrement fiscal. Les négociateurs actuels entendent capitaliser sur ces expériences passées pour élaborer un dispositif plus robuste et durable.

Régis Olivier N’Sondé, qui représente au conseil d’administration du FMI un ensemble de pays africains incluant le Gabon, joue un rôle déterminant dans ce processus. Sa participation aux côtés des équipes techniques souligne la volonté du Fonds d’accompagner activement la transition politique et économique du Gabon. Les discussions avec Hermann Immongault ont notamment abordé des thèmes clés comme l’évolution de la dette publique, la mobilisation des recettes non pétrolières et l’optimisation de la dépense publique, des chantiers structurants inscrits dans le PNCD.

Vision de diversification économique et souveraineté financière

Au-delà de l’aspect purement financier, l’accord envisagé engage la souveraineté économique du Gabon. Les autorités gabonaises souhaitent que le futur programme intègre un volet dédié à la transformation locale des matières premières, en particulier dans les secteurs du bois, du manganèse et des hydrocarbures. La promotion de la valeur ajoutée industrielle est une priorité affichée par les dirigeants de la transition, qui aspirent à réduire la dépendance aux exportations de produits bruts et à générer des emplois qualifiés sur le territoire.

La question de l’amélioration du climat des affaires est également au cœur des préoccupations. Le FMI préconise traditionnellement une rationalisation des exonérations fiscales, une transparence accrue dans l’attribution des marchés publics et un renforcement des mécanismes de contrôle institutionnel. Ces exigences s’alignent en grande partie avec les orientations adoptées par les autorités gabonaises depuis le début de la transition. Il reste désormais à définir les modalités concrètes de leur mise en œuvre, à travers des objectifs quantitatifs et des mesures préalables que le pays devra concrétiser avant tout décaissement de fonds.

Concrètement, les prochains mois seront marqués par des missions techniques du FMI à Libreville, par l’échange de données macroéconomiques actualisées et par la formalisation d’un mémorandum de politique économique. L’issue de ces travaux déterminera l’ampleur et la nature du soutien financier, qu’il s’agisse d’un accord au titre du mécanisme élargi de crédit ou d’un instrument non financier de suivi. Pour l’exécutif gabonais, l’enjeu est double : consolider la crédibilité budgétaire du pays et doter le PNCD des ressources nécessaires pour concrétiser ses ambitions.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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