Skip to content

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

  • Accueil
  • Guides
  • Études de cas
  • Analyses
  • Opinions
  • Chronique
  • Basculer la recherche

Fonds spéciaux au Sénégal : l’Assemblée de Sonko peut-elle vraiment passer outre le gouvernement ?

Publié le 2 octobre 2026 ParIbrahim Yacouba

Un vote qui relance la guerre institutionnelle

Le jeudi 1er octobre 2026, l’Assemblée nationale, présidée par Ousmane Sonko, a adopté la proposition de loi organique n° 38/2026 modifiant la Loi organique relative aux lois de finances (LOLF). Ce texte vise à renforcer la transparence budgétaire et à encadrer la gestion des fonds spéciaux, ces crédits souvent décriés comme la « caisse noire » de la présidence. Mais le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye n’entend pas se laisser faire : après avoir activé le vote bloqué, il a vu ses amendements rejetés par la majorité parlementaire. Le dossier file désormais vers le Conseil constitutionnel, où un nouvel arbitrage pourrait bien redistribuer les cartes.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Le gouvernement défend sa vision du « rôle social » du chef de l’État

Lors des débats, le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a porté la position de l’Exécutif. Tout en affirmant partager l’objectif de transparence, il a proposé des modifications substantielles. Premier point d’achoppement : la nature même des fonds spéciaux. La proposition de loi de la majorité voulait en faire une catégorie distincte, réservée aux missions de défense, de sécurité et de diplomatie. Le gouvernement s’y oppose, arguant que cette restriction méconnaîtrait le caractère social de la République, consacré à l’article premier de la Constitution. Selon l’Exécutif, le chef de l’État doit pouvoir mobiliser ces ressources pour des actions de solidarité nationale face aux urgences humanitaires.

L’amendement n° 2 proposait ainsi de réintégrer ces dépenses dans la dotation globale des institutions constitutionnelles, prévue à l’article 14 de la LOLF. Me Moussa Sarr a invoqué la directive n° 06/2009/CM/UEMOA, qui fixe une liste limitative des dotations budgétaires. Isoler les fonds spéciaux créerait, selon lui, un vide juridique, faute de désigner leur ordonnateur.

Contrôle parlementaire : le second point de friction

Le deuxième désaccord porte sur les pouvoirs de contrôle des députés, inscrits à l’article 70. Par l’amendement n° 3, le gouvernement souhaitait limiter le suivi de la Commission des finances à la gestion annuelle en cours, supprimant ainsi la possibilité pour l’Assemblée de contrôler l’emploi des crédits à la fin de chaque exercice budgétaire. Pour le Garde des Sceaux, une telle prérogative empiéterait sur les compétences exclusives de la Cour des comptes.

L’Exécutif voulait également que toute demande d’audition d’un ministre par les députés soit obligatoirement transmise au président de la République, conformément au Règlement intérieur de l’Assemblée.

Le vote bloqué, une arme constitutionnelle inefficace

Pour tenter de verrouiller le texte, le gouvernement a actionné l’article 82, alinéa 4, de la Constitution et l’article 87 du Règlement intérieur, qui imposent un vote unique sur le texte avec les seuls amendements retenus par l’Exécutif. « Le gouvernement ne conçoit pas la transparence comme une contrainte, mais comme un levier de consolidation de l’État de droit », a plaidé Me Moussa Sarr, présentant le vote bloqué comme un outil constitutionnel garantissant la cohérence des textes.

Mais la majorité Pastef n’a pas cédé : elle a rejeté l’ensemble des propositions gouvernementales pour maintenir sa propre version du texte. Le désaccord entre le Palais et l’Hémicycle est désormais total.

Cap sur le Conseil constitutionnel

L’issue de ce bras de fer se jouera devant les Sages. Une loi organique ne peut être promulguée qu’après avoir été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel, saisi par le président de la République. Le texte voté par la majorité devra donc passer par ce filtre.

Le gouvernement disposera alors de plusieurs arguments : le respect des directives de l’UEMOA, les compétences de la Cour des comptes et la régularité de la procédure, après le rejet d’un vote bloqué pourtant prévu par la Constitution. Autant de points sur lesquels les Sages devront se prononcer.

Par Ibrahim Yacouba — Journaliste

Flux de la rubrique :
PolitiqueDernières actus
Politique

Navigation

Previous Post: Quels financements pour la prochaine étape de la transformation économique du Bénin ?
Next Post: L’aéroport de Lomé peut-il encore prétendre au statut de hub international après le désastre des canalisations ?

Archives

  • octobre 2026
  • septembre 2026
  • août 2026
  • juillet 2026
  • juin 2026
  • mai 2026
  • avril 2026
  • mars 2026
  • février 2026
  • janvier 2026
  • décembre 2025
  • novembre 2025
  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • mai 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • novembre 2024
  • octobre 2024
  • septembre 2024
  • août 2024
  • juillet 2024
  • juin 2024
  • mai 2024
  • mars 2024
  • février 2024
  • octobre 2023
  • août 2023
  • mai 2023
  • avril 2023
  • mars 2023
  • janvier 2023
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • mai 2022
  • mars 2022
  • août 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • juin 2020
  • novembre 2019
  • juillet 2018
  • décembre 2014

Catégories

  • A la Une
  • Actualités
  • AES
  • Analyses
  • Carburant
  • Chronique
  • Culture
  • Épinglé
  • Études de cas
  • Guides
  • International
  • Lifestyle
  • Actualités
  • Opinions
  • Politique
  • Société

Articles récents

  • JOJ Dakar 2026 : le tournant décisif que le Sénégal s’apprête à négocier
  • Espagne : l’incendie d’un AVE Madrid-Barcelone force un tournant dans la gestion des évacuations
  • Rwanda : le virage décisif vers un Grand Prix de Formule 1 à Bugesera
  • RDC : l’entrée en scène du FRN de Joseph Kabila fait basculer la crise
  • Réinsertion des migrants de retour au Mali : le grand tournant des 121 millions FCFA

Commentaires récents

Aucun commentaire à afficher.

Copyright © 2026 Sahel Voice.

Propulsé par WordPress

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

À propos Contact Politique de confidentialité Mentions légales

© 2026 Sahel Voice — Tous droits réservés.

https://sahelvoice.com