Fête de l’indépendance au Mali : l’opposant Fakaba Sissoko exige des explications aux autorités en place

À l’occasion de la célébration de la fête nationale malienne, marquant le 66e anniversaire de l’indépendance du pays, le président de transition Assimi Goïta a livré un discours télévisé le 21 septembre. Il y a mis en avant les performances économiques du Mali sous son mandat, tout en réaffirmant son engagement à renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes et à promouvoir la réconciliation nationale.
Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2020 et maintenu à la tête de l’État depuis plus de six ans sans élections, Assimi Goïta a également souligné la progression du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), évoquant une quête renforcée de souveraineté pour le pays.
L’opposition dénonce l’absence de résultats concrets
Les critiques envers le régime de transition, notamment de la part des opposants politiques, se multiplient. Ceux présents sur le territoire malien subissent une forte restriction de leurs libertés d’expression et d’action.
Fakaba Sissoko, figure majeure de l’opposition malienne en exil, porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) dirigée par l’imam Dicko, a réagi avec fermeté aux déclarations du général. Son mouvement rassemble des personnalités politiques et de la société civile malienne installées à l’étranger.
« Associer le 66e anniversaire de notre indépendance à un bilan de transition est une erreur, déclare-t-il. On peut chérir le Mali, soutenir nos forces armées et défendre notre souveraineté, mais cela n’empêche pas de réclamer des comptes à ceux qui détiennent le pouvoir. Les citoyens maliens aspirent à des améliorations tangibles : sécurité au quotidien, accès à l’emploi, électricité stable, libertés fondamentales et une perspective politique claire ».
Il ajoute : « Dans son discours, l’absence de mention de la Russie et de l’impact de la présence des militaires russes constitue un aveu implicite d’échec. Les résultats de ce partenariat sont visibles : il y a seulement une dizaine de jours, l’attaque de Dioura a rappelé les limites de cette collaboration. Plus de cent soldats maliens ont perdu la vie, et plusieurs dizaines ont été capturés par les terroristes du Jnim, affilié à al-Qaïda ».
Une situation nationale « jamais aussi critique » selon l’opposant
« Le Mali est aujourd’hui plongé dans le chagrin, affirme Fakaba Sissoko. La dégradation de la situation atteint un niveau sans précédent dans l’histoire politique du pays. Je ne peux célébrer cette fête nationale : je la vis comme un deuil. L’état actuel du Mali ne reflète pas la dignité attendue d’un régime en place ».
