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Exploitation de l’or au Cameroun et en rdc: transparence et responsabilité des acteurs

Publié le 24 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Exploitation aurifère au Cameroun et en RDC: l’heure des comptes pour les acteurs nationaux et internationaux

Au Cameroun comme en République démocratique du Congo, le secteur de l’or suscite des interrogations persistantes. Malgré les initiatives mises en place pour encadrer son exploitation, les revenus générés par cette activité restent largement sous-évalués, voire détournés des caisses de l’État. C’est la conclusion d’un rapport récent de l’Institut d’études de sécurité (ISS), qui pointe du doigt l’opacité des transactions et l’absence de contrôle rigoureux des opérateurs, qu’ils soient locaux ou étrangers.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Selon les données de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le Cameroun a officiellement déclaré l’exportation de seulement 22 kilos d’or en 2023. Pourtant, les importateurs étrangers affirment avoir acheté plus de 15 tonnes sur la même période. Un écart qui soulève des questions sur la traçabilité et la fiscalité de ce métal précieux.

Employé chinois d'une société minière sur un site d'exploitation aurifère à Betare Oya, Cameroun, en 2018

Une gestion défaillante des revenus aurifères

Les chiffres révélés par l’ITIE mettent en lumière un décalage alarmant entre les déclarations officielles et les volumes réels d’or exportés. Cette situation reflète les lacunes d’un système où les opérateurs, souvent soutenus par des acteurs internationaux, profitent d’un cadre réglementaire encore trop permissif. Les conséquences sont multiples : pertes financières pour les États, manque à gagner pour les populations locales, et renforcement des circuits informels.

Les acteurs sous surveillance

Le rapport de l’ISS souligne que ni les entreprises nationales ni les groupes étrangers opérant dans ces deux pays ne rendent suffisamment de comptes. Les mécanismes de contrôle existants peinent à s’imposer face à des pratiques de contournement généralisées. Les chercheurs pointent notamment l’absence de transparence dans les contrats d’exploitation et les transferts de fonds vers l’étranger.

Face à ce constat, des voix s’élèvent pour exiger une refonte des politiques minières. La professeure Aïcha Pemboura, chercheuse à l’Observatoire du crime organisé et de la violence en Afrique centrale, insiste sur la nécessité d’un cadre plus strict. Elle rappelle que sans une régulation renforcée, les ressources naturelles continueront d’alimenter des réseaux opaques, au détriment du développement et de la stabilité économique.

Vers une réforme urgente du secteur

Les défis à relever sont nombreux : renforcer les capacités des administrations fiscales locales, instaurer des audits indépendants, et sanctionner les fraudes. Les experts s’accordent sur un point : sans une volonté politique affirmée, les efforts actuels resteront insuffisants. Les gouvernements du Cameroun et de la RDC devront agir rapidement pour récupérer les revenus légitimes de l’or et les réinvestir dans des secteurs prioritaires comme l’éducation ou les infrastructures.

Cette remise en question est d’autant plus cruciale que l’or représente une manne financière stratégique pour ces pays, confrontés à des besoins économiques pressants. La transparence doit devenir la norme, et non l’exception, pour que les ressources naturelles servent enfin l’intérêt général.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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