Exode massif de burkinabè vers le Mali : précarité à koro

Depuis la fin mai, les ressortissants burkinabè continuent d’arriver en nombre dans la localité de Koro, située dans le centre du Mali. Selon les autorités locales, ils seraient plusieurs milliers à avoir franchi la frontière.

Ces déplacés ont fui les violences perpétrées par des groupes armés djihadistes dans leur région d’origine. « Deux personnes sont venues à moto. Je pense que c’étaient des messagers. Nous avons eu très peur », témoigne Hamsetou, arrivée à Koro avec sa fille et d’autres membres de sa famille après le passage des hommes armés dans le village de Sia, dans le département de Gomboro, au centre du Burkina Faso.

« Ils sont arrivés le jour de notre marché hebdomadaire, en nous ordonnant de quitter le village avant le lever du soleil. C’est ainsi que nous sommes partis la nuit, à pied, pour nous cacher dans les hameaux voisins. Le lendemain, nous avons pris un taxi jusqu’à Koro », ajoute-t-elle.

« Nous avons tout laissé derrière nous »

Hamsetou envisage de s’installer durablement à Koro, en attendant que le calme revienne chez elle. Outre Sia, une grande partie des habitants de Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré ont également pris la fuite pour se réfugier au Mali. Près des trois quarts des réfugiés sont des femmes et des enfants.

Oumou, originaire de Ganagoulo, raconte que le 26 mai, elle a vu des hommes armés se diriger vers les villages voisins de Bouli et de Gani. « Ils sont ensuite venus chez nous pour nous dire que nous subirions le même sort. Nous avons alors décidé de fuir, laissant tout derrière nous : nos maisons, nos greniers, nos animaux. Certains ont marché, d’autres ont utilisé des tricycles, des charrettes ou des vélos pour rejoindre Koro. »

Oumou est finalement arrivée à Koro avec son mari et ses quatre enfants, tous sains et saufs.

Issa Sagara, maire adjoint de Koro, alerte sur la précarité des conditions d’accueil, d’hébergement et d’alimentation des réfugiés burkinabè. Il lance un appel à la mobilisation générale. Les réfugiés sont actuellement répartis sur plusieurs sites dans la ville et ses environs.