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Événement Ebola en rdc : 254 décès et un bilan qui inquiète les experts

Publié le 23 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo : un bilan toujours plus lourd

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une épidémie d’Ebola particulièrement meurtrière. Selon les dernières données officielles, 1 003 cas ont été recensés, dont 254 décès, ce qui représente un taux de létalité de 25,3 %. Ces chiffres, bien qu’alarmants, pourraient encore sous-estimer l’ampleur réelle de la crise.

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L’essentiel des cas et des décès se concentre en Ituri, une province du nord-est du pays, où 91,3 % des malades et 80,7 % des morts sont enregistrés. Cette région, en proie à des violences récurrentes, cumule les défis pour les équipes sanitaires.

La progression du nombre de cas s’explique en partie par l’amélioration des capacités de dépistage en RDC. Pourtant, malgré ces avancées, les organisations humanitaires sur le terrain s’accordent à dire que les chiffres officiels restent en deçà de la réalité.

Trois provinces sont désormais touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, abritant une population totale de 15 millions d’habitants. Le virus a également franchi les frontières, avec 20 cas confirmés et 2 décès signalés en Ouganda voisin.

Une riposte sanitaire confrontée à d’énormes obstacles

En Ituri, les efforts de lutte contre l’épidémie reposent sur l’isolement des patients et le traçage des contacts. Cependant, cette stratégie se heurte à des difficultés majeures. Aucun vaccin ni traitement n’existe à ce jour contre le virus Bundibugyo, responsable de cette flambée. Les vaccins disponibles ne protègent que contre la souche Zaïre, à l’origine des épidémies les plus meurtrières.

Dès les premiers signes de l’épidémie, les structures hospitalières locales ont rapidement été submergées. Les centres de traitement spécialisés, installés avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’ONG, affichent déjà un taux d’occupation supérieur à 80 %, selon les autorités sanitaires.

Les infrastructures de santé, déjà fragiles dans l’un des pays les plus pauvres au monde, manquent cruellement de matériel de protection et de produits désinfectants. Malgré le début officiel de l’épidémie, plus d’un mois après sa déclaration, ces pénuries persistent. À ce jour, 78 soignants ont été infectés, dont 18 sont décédés.

Un autre défi de taille réside dans le manque de confiance des communautés locales. Les refus de prélèvements post-mortem, motivés par des croyances ou des craintes, faussent le décompte des cas. Plusieurs incidents ont éclaté ces dernières semaines, notamment des heurts dans des hôpitaux où des familles ont tenté de récupérer les corps de leurs proches décédés.

Les experts s’accordent à dire que le pire est encore à venir. Ils estiment que l’épidémie pourrait durer entre six mois et un an, tant les obstacles à sa maîtrise restent nombreux.

La rapidité de l’intervention reste un point crucial. « La déclaration de l’épidémie a eu lieu environ deux mois après les premiers décès suspects repérés fin mars. Pendant ce délai, le virus s’est propagé sans contrôle, et nous ignorons encore l’étendue réelle de la contamination », confie un responsable d’une organisation humanitaire internationale, sous couvert d’anonymat.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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