Est de la RDC : la MONUSCO prête à intensifier son soutien au monitoring du cessez-le-feu
Dans un contexte où les hostilités persistent entre les forces gouvernementales et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda et qui contrôle de vastes zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) a réaffirmé son entière disponibilité à contribuer activement aux divers processus de paix en cours. Ces initiatives, incluant l’Accord de Washington et le processus de Doha appuyé par l’Union africaine, visent le rétablissement durable de la paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC.
James Swan, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la MONUSCO, a fait cette déclaration le jeudi 2 juillet, à l’issue d’une rencontre significative à l’hôtel de la Défense avec le vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabombo. Il a notamment révélé que la MONUSCO avait déjà renforcé les capacités opérationnelles et logistiques du Mécanisme Conjoint de Vérification Renforcé (MCVR+). Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’appui de la mission aux efforts régionaux déployés pour promouvoir la paix et la stabilité dans cette région complexe de la RDC.
James Swan a expliqué que, depuis décembre 2025, la résolution 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies avait conféré à la MONUSCO un nouveau mandat axé sur le soutien au mécanisme de monitoring et de vérification du cessez-le-feu. Il a ajouté avoir discuté avec le ministre des efforts de la mission pour exécuter ce mandat et des modalités de collaboration avec le ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants pour atteindre les objectifs fixés par la MONUSCO.
Alors que plusieurs partenaires de la RDC, notamment suite à la réunion d’évaluation de l’Accord de Washington à Londres et aux récentes discussions au Conseil de sécurité des Nations unies, appellent au déploiement urgent de la première mission de vérification du cessez-le-feu dans l’Est du pays, le chef de la MONUSCO a affirmé que son institution était déjà prête à entreprendre cette mission. Il a précisé que la MONUSCO n’attendait plus que la désignation officielle des sites devant accueillir ces opérations de vérification.
Swan a assuré que la MONUSCO avait déjà apporté son concours au Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (EJVM+). Il a précisé que la mission avait la responsabilité, en vertu de son mandat, de fournir un soutien logistique et un encadrement sécuritaire aux activités du MCVE+. Suite à des requêtes supplémentaires, un appui logistique avait été déployé, et la MONUSCO se disait prête, avec une planification déjà en cours, à soutenir les missions sur les sites identifiés pour le monitoring du cessez-le-feu, dès que le mécanisme aurait finalisé la sélection des lieux à visiter.
Au cours de leur entretien, le chef de la MONUSCO et le vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale ont également examiné les autres aspects du mandat de la mission onusienne. James Swan a particulièrement insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre la MONUSCO, le ministère de la Défense nationale et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Le chef de la MONUSCO a souligné la collaboration étroite de la mission avec le ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants, ainsi qu’avec les autorités congolaises. Il a rappelé que, forte de plus de 8 000 militaires et travaillant en partenariat avec les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans des régions comme le Grand Nord et l’Ituri, la MONUSCO avait pour mandats principaux la protection des civils, le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés, ainsi que le soutien à la réforme du secteur de la sécurité.
Cette rencontre entre les deux hautes personnalités fait suite aux interpellations des États-Unis et d’autres partenaires de la RDC, quelques jours après la réunion de Londres. Cette dernière, organisée dans le cadre de la sixième session du Comité Mixte de Surveillance (CMS), visait à suivre la mise en œuvre de l’Accord de Washington, essentiel pour restaurer la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs, en particulier dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
À l’issue des travaux, Kinshasa et Kigali ont réitéré une série d’engagements visant à accélérer l’application des dispositions convenues entre les deux nations. Les parties se sont notamment engagées à demander l’ajustement du mandat de l’EJVM+ (Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus) afin d’y inclure la vérification des engagements pris dans le cadre des Accords de Washington.
La RDC et le Rwanda ont également convenu de soutenir le déploiement rapide de l’EJVM+ pour qu’il puisse entreprendre sa première mission de vérification, tout en exhortant l’ensemble des acteurs sur le terrain à soutenir cette initiative cruciale.
Les deux pays ont, par ailleurs, promis de créer des conditions politiques et sécuritaires favorables aux processus de vérification conjointe, une condition jugée indispensable pour garantir l’efficacité des mécanismes prévus dans le cadre du processus de paix.
Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, la MONUSCO est habilitée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent. Ce soutien se matérialise notamment par un appui technique et logistique fourni à la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) à travers le Mécanisme Conjoint de Vérification Élargi Plus (EJVM+).