Des raids ciblés contre les positions de Boko Haram
Depuis la fin de semaine dernière, l’aviation tchadienne pilonne des zones insulaires du lac Tchad, identifiées comme des refuges pour les combattants de Boko Haram. Ces frappes, localisées aux confins des frontières entre le Nigeria, le Niger et le Tchad, font suite à une attaque meurtrière subie récemment par les troupes tchadiennes. L’île de Shuwa, considérée comme un centre névralgique pour les insurgés mais aussi comme une zone de pêche majeure, a été particulièrement visée par les projectiles.
Des travailleurs civils victimes des bombardements
Le bilan humain parmi les civils s’annonce lourd. Un représentant des syndicats de pêcheurs locaux rapporte qu’au moins 40 Nigérians manquent à l’appel, probablement victimes de noyade suite aux explosions. Adamu Haladu, un rescapé venu de Baga, confirme l’ampleur de la tragédie en précisant que la plupart des victimes étaient originaires de l’État de Taraba et de la localité de Doron Baga. Ces pêcheurs opéraient dans ces eaux poissonneuses après s’être acquittés d’une taxe imposée par les membres de Boko Haram qui contrôlent l’accès à la zone.
Un carrefour régional sous haute tension
Le bassin du lac Tchad, partagé entre le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun, demeure une zone de forte instabilité où sévissent Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP). Bien qu’une force multinationale mixte ait été mise en place pour sécuriser la région, la solidarité entre les États riverains s’est érodée, notamment après le départ du Niger de cette coalition militaire en 2025. Pour l’heure, le commandement de l’armée tchadienne n’a émis aucun communiqué officiel concernant ces allégations de pertes civiles.