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Diplomatie africaine : Faure Gnassingbé et la RDC unissent leurs efforts pour la paix dans l’Est du Congo

Publié le 15 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Lomé : le Togo et la RDC renforcent leur coopération pour la stabilité des Grands Lacs

À Lomé, capitale togolaise, le président du Conseil des ministres et médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu l’émissaire spécial du président Félix Tshisekedi, Floribert Anzuluni. Cette rencontre, organisée ce mardi 14 juillet 2026 à Pya, dans la préfecture de la Kozah, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des liens entre les deux nations et de promotion de la paix dans une région en proie à des tensions persistantes.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

Une médiation africaine au cœur des échanges

Les discussions ont porté sur deux axes majeurs : la consolidation des relations bilatérales entre le Togo et la RDC, d’une part, et l’analyse approfondie de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, d’autre part. Dans un contexte où les conflits armés dans la région des Grands Lacs s’étendent sur plus de trois décennies, les deux parties ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une résolution pacifique des tensions.

« Monsieur Floribert Anzuluni a exprimé la gratitude de Kinshasa pour l’implication constante du président Faure Gnassingbé dans la recherche d’une solution durable à la crise qui secoue l’Est de la RDC. En tant que médiateur désigné par l’Union africaine, il est au cœur des efforts diplomatiques visant à rétablir une paix stable et pérenne dans la région », a indiqué la présidence togolaise.

Des consultations régionales pour une paix durable

Avant son arrivée à Lomé, l’émissaire congolais s’était rendu à Kampala pour échanger avec le président ougandais, Yoweri Museveni. Ces déplacements s’inscrivent dans une série de consultations menées par les acteurs régionaux pour tenter de mettre un terme aux hostilités dans l’Est de la RDC. Selon les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux, la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, continue de menacer la stabilité de la région en contrôlant d’importantes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les initiatives diplomatiques, bien que multiples, peinent encore à aboutir à un règlement concret. Les rencontres à Washington et à Doha n’ont pas encore permis de dégager une issue favorable, soulignant l’urgence d’une action coordonnée et renforcée.

Un contexte politique sous haute tension

Ces échanges interviennent également dans un climat politique interne marqué par des débats sur un éventuel projet de révision constitutionnelle. À deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, ces discussions alimentent des spéculations sur l’avenir institutionnel de la RDC. Une situation qui ajoute une couche de complexité aux défis sécuritaires déjà considérables.

Lomé, plateforme des efforts de paix en Afrique centrale

Cette visite s’inscrit dans le prolongement des efforts diplomatiques déployés par le Togo pour favoriser la stabilité en Afrique centrale. Le pays a récemment accueilli une session technique d’évaluation du processus de paix dans l’Est de la RDC, tenue les 7 et 8 juin 2026. À cette occasion, Faure Gnassingbé avait insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés dans la région.

« Seule une mobilisation collective et une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettront de consolider les acquis et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans les Grands Lacs », a-t-il souligné.

Des réunions historiques pour la région

Cette session d’évaluation fait suite à une réunion de haut niveau organisée les 16 et 17 janvier 2026 à Lomé. Sous l’égide de Faure Gnassingbé, cette rencontre avait réuni d’anciens chefs d’État, des représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que des partenaires internationaux. L’objectif ? Renforcer la confiance entre les parties et faire avancer le dialogue en vue du respect des engagements pris.

Ces initiatives s’ajoutent aux consultations menées par le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine. Celui-ci a récemment échangé avec les principales confessions religieuses de la RDC ainsi qu’avec des leaders de l’opposition politique congolaise, dans l’espoir de trouver des solutions inclusives.

Autre moment fort de cette séquence diplomatique : la visite de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour des échanges avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Une visite qui s’inscrivait dans la continuité des consultations initiées par Évariste Ndayishimiye lors de sa visite d’État à Kinshasa. Peu après, Denis Sassou Nguesso a reçu le cardinal Fridolin Ambongo pour discuter de la situation politique et institutionnelle en RDC.

Vers une coordination renforcée des efforts de paix

Les rencontres à Lomé s’ajoutent à une série d’initiatives diplomatiques destinées à renforcer la stabilité dans l’Est de la RDC. Elles soulignent l’importance d’une approche intégrée, associant les acteurs nationaux, régionaux et internationaux. Pour Faure Gnassingbé, médiateur principal de l’Union africaine, cette coordination est essentielle pour garantir le succès des efforts de paix.

« Une paix durable dans les Grands Lacs ne peut être atteinte que par une action unifiée et déterminée. Chaque étape compte, et chaque acteur a un rôle à jouer », a-t-il déclaré lors de la session d’évaluation de juin.

Faure Essozimna Gnassingbé et Floribert Anzuluni lors de leur rencontre à Lomé.

Un appel à l’action collective

Alors que les défis sécuritaires persistent, les échanges entre le Togo et la RDC rappellent l’importance d’une diplomatie proactive et inclusive. Dans un contexte où les populations civiles paient le prix fort des conflits, les efforts de médiation doivent être accélérés pour éviter une nouvelle escalade des violences.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la portée des discussions en cours et leur capacité à transformer les engagements en actions concrètes sur le terrain.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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