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Dette publique du Sénégal : el malick ndiaye défend une gestion souveraine sans restructuration

Publié le 12 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Le gouvernement sénégalais a clairement défini sa position sur la question de la dette publique. Lors d’une rencontre officielle à Dakar, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, a réaffirmé avec force le refus de toute restructuration de la dette. Selon lui, cette approche ne serait pas compatible avec la souveraineté économique du pays. Il privilégie une gestion autonome, basée sur des arbitrages internes plutôt que sur des négociations avec des créanciers extérieurs. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité des annonces faites par l’exécutif depuis la révision à la hausse des chiffres de l’endettement public sénégalais fin 2024.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une stratégie économique dictée par la souveraineté nationale

Cette décision s’aligne sur la doctrine du tandem Diomaye Faye-Ousmane Sonko. Pour les autorités, entamer une procédure de restructuration équivaudrait à reconnaître un défaut de paiement, ce qui pourrait nuire durablement à la réputation du Sénégal sur les marchés financiers internationaux. El Malick Ndiaye a souligné que le pays dispose des moyens nécessaires pour honorer ses engagements financiers sans recourir à des solutions externes. Il a également mis en avant l’importance de cette décision, qui dépasse le simple cadre budgétaire pour s’inscrire dans une vision politique plus large.

Cette position contraste avec les attentes de plusieurs partenaires multilatéraux, comme le FMI. Le Fonds, dont le programme avec le Sénégal est suspendu depuis la publication des nouveaux chiffres de la dette, a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de rétablir une trajectoire budgétaire viable. De plus, les agences de notation ont dégradé à plusieurs reprises la note souveraine du Sénégal ces derniers mois, rendant plus coûteux l’accès aux financements internationaux.

Des leviers internes pour gérer la dette, mais des défis persistants

La gestion souveraine prônée par El Malick Ndiaye repose sur plusieurs mesures déjà mises en œuvre ou envisagées par le gouvernement. Parmi elles, on retrouve l’élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des dépenses publiques, la renégociation de contrats jugés déséquilibrés, ainsi qu’une mobilisation accrue des revenus issus des hydrocarbures. Cependant, ces actions pourraient ne pas produire d’effets immédiats sur la réduction de la dette. Les ressources issues de la production pétrolière du champ Sangomar et gazière de Grand Tortue Ahmeyim devraient progressivement alimenter les finances publiques, sans pour autant suffire à inverser la tendance.

Le ratio dette/PIB, réévalué par la Cour des comptes, dépasse désormais les seuils fixés par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans ce contexte, le Sénégal mise sur une amélioration de ses marges budgétaires tout en maintenant des relations avec ses bailleurs traditionnels. Le défi reste de taille, car le service de la dette absorbe une part croissante des recettes nationales, limitant les investissements dans les secteurs sociaux et les infrastructures.

Un message politique fort pour les marchés et la population

L’intervention d’El Malick Ndiaye s’adresse à plusieurs acteurs. Aux investisseurs, elle envoie un signal fort : le Sénégal reste un débiteur fiable, déterminé à honorer ses obligations sans recourir à une restructuration formelle. Aux citoyens, elle réaffirme l’engagement du gouvernement à rompre avec les modèles de dépendance financière. Enfin, aux partenaires régionaux, elle confirme une volonté d’autonomie économique, dans une Afrique de l’Ouest où la question de la souveraineté financière prend une importance croissante.

La réussite de cette stratégie dépendra de la capacité du gouvernement à concrétiser, dans les prochains budgets, des avancées tangibles en matière de collecte des recettes et de maîtrise des dépenses. Le retour à un accord avec le FMI, bien que non envisagé sous sa forme actuelle, reste une option que les marchés surveillent de près. Certains économistes africains estiment qu’un compromis technique, distinct d’une restructuration officielle, pourrait émerger pour faciliter l’accès à des financements concessionnels.

Pour El Malick Ndiaye, l’enjeu dépasse largement la simple gestion des comptes publics. Il s’agit de valider la viabilité d’un modèle économique aligné sur le discours souverainiste défendu depuis l’avènement du Pastef au pouvoir. Le président de l’Assemblée a insisté sur la nécessité d’adopter une vision à long terme, rejetant toute interprétation conjoncturelle de la position sénégalaise.

Pour approfondir le sujet

  • Le Congo sollicite un nouveau programme financier avec le FMI
  • Crypto-actifs : les banques centrales africaines réunies à Dakar
  • Huit banques de l’UEMOA valident les premiers tests e-commerce régionaux

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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