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Dette intérieure au Togo : l’étau se resserre sur les entreprises privées

Publié le 7 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Lomé — Le secteur privé togolais fait face à une crise sans précédent. Malgré les assurances répétées des autorités, la dette intérieure de l’État asphyxie progressivement les entreprises locales, paralysant ainsi l’ensemble de l’économie. Cette situation, devenue ingérable, inquiète particulièrement les acteurs économiques du pays.

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Les chiffres sont alarmants : plus de 1 700 milliards de FCFA, soit plus de 60 % de la dette publique totale du Togo, sont aujourd’hui bloqués dans les caisses de l’État. Ces retards de paiement, qui s’accumulent depuis des mois, touchent en priorité trois secteurs clés : le BTP, les prestataires de services publics et les distributeurs d’énergie. Sans trésorerie, ces entreprises peinent à honorer leurs engagements, mettant en péril leur survie et celle de leurs sous-traitants.

un secteur privé à bout de souffle

Les entrepreneurs togolais expriment leur frustration face à cette situation intenable. « Comment innover, embaucher ou même payer nos employés quand l’État ne règle pas ses factures ? », s’interroge un dirigeant du secteur du bâtiment. Les PME, déjà fragilisées, subissent de plein fouet cette crise de liquidités. Certaines ne peuvent plus honorer leurs propres dettes envers leurs fournisseurs ou leurs salariés, déclenchant un effet boule de neige aux conséquences dévastatrices.

Pour les membres de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), la dette publique intérieure n’est pas seulement un problème financier, mais un frein majeur au développement économique. Sans un apurement rapide de ces créances, le pays risque de voir s’effondrer des pans entiers de son tissu économique, avec des répercussions sociales et politiques difficiles à maîtriser.

des promesses gouvernementales jugées insuffisantes

Face à cette pression croissante, le gouvernement togolais a promis un plan d’apurement progressif de la dette intérieure. Pourtant, sur le terrain, les entrepreneurs restent sceptiques. Les caisses de l’État, déjà exsangues, peinent à trouver des solutions immédiates. Malgré les efforts du Trésor pour mobiliser des fonds sur le marché régional de l’UMOA, les retards de paiement persistent.

Les acteurs économiques togolais pointent du doigt une réalité plus large : la dépendance aux fonds externes. Pour eux, la véritable bouffée d’oxygène viendrait de l’injection des 200 millions de dollars récemment approuvés par la Banque mondiale. Ces fonds, destinés à soutenir les réformes économiques et moderniser les infrastructures de transport et de logistique, pourraient enfin dénouer la situation.

Mais jusqu’ici, rien ne garantit que ces sommes seront effectivement versées et utilisées à bon escient. Les entrepreneurs attendent des actes concrets : des virements sur leurs comptes, et non des déclarations d’intention. Tant que ces fonds ne seront pas débloqués, les promesses officielles resteront lettre morte, et le secteur privé continuera de suffoquer.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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