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Dakar mise sur une usine d’intelligence artificielle pour booster son autonomie technologique

Publié le 3 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Sénégal a choisi une scène internationale majeure, celle du HAIP Friends Group à Tokyo, pour lancer officiellement sa Senegal AI Factory, un projet phare du New Deal Technologique sénégalais. Cette initiative vise à positionner le pays comme un acteur clé dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, tout en renforçant sa souveraineté numérique. Le Japon, hôte de ce groupe de travail dédié à l’IA responsable, offre une plateforme idéale pour promouvoir une vision africaine de cette technologie.

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Conçue comme une infrastructure nationale intégrée, la Senegal AI Factory se veut un hub de calcul intensif et de recherche appliquée, combinant données locales et compétences africaines. L’objectif ? Traiter des enjeux concrets pour le pays : santé publique, agriculture, éducation, langues nationales et administration. En réduisant la dépendance aux acteurs étrangers, Dakar cherche à ancrer l’innovation technologique dans un cadre local et adapté aux réalités du continent.

Une ambition alignée sur la transformation numérique du Sénégal

La Senegal AI Factory s’inscrit dans une vision plus large portée par les autorités depuis l’adoption du New Deal Technologique. Ce plan stratégique fait de la souveraineté numérique un pilier central, aux côtés de la modernisation des services publics, du renforcement des infrastructures de connectivité et du développement d’une filière locale de talents. L’usine à IA incarne cette volonté de concrétiser une ambition par un projet tangible et ambitieux.

Concrètement, il s’agit de créer un écosystème mutualisé de puissance de calcul, soutenu par des partenariats académiques et industriels. Le Sénégal mise sur cet outil pour attirer des chercheurs de la diaspora, des start-up africaines et des laboratoires internationaux souhaitant exploiter des données représentatives du marché africain. L’implication des universités locales et des centres de recherche régionaux est essentielle pour garantir la crédibilité et l’efficacité du dispositif.

Tokyo, une scène stratégique pour la diplomatie technologique

La réunion du HAIP Friends Group à Tokyo représente une opportunité unique pour le Sénégal. Ce groupe, lié au processus Hiroshima du G7, rassemble des partenaires engagés dans une IA éthique et responsable. En y présentant sa Senegal AI Factory, Dakar se positionne comme un interlocuteur africain crédible dans les débats internationaux sur l’IA. Cette démarche vise à la fois à sécuriser des transferts de connaissances et à influencer les normes en cours d’élaboration.

Le timing est crucial. Alors que l’Union africaine a adopté une stratégie continentale sur l’IA et que plusieurs pays africains, de Kigali à Rabat, développent leurs propres initiatives, le Sénégal affiche une vision distincte. Cette approche reflète une stratégie claire : dans un secteur où quelques acteurs dominent le marché mondial des capacités de calcul, les pays émergents doivent agir rapidement pour construire des infrastructures nationales sans reproduire une dépendance technologique.

Financement et partenariats : les défis à relever

Le succès de la Senegal AI Factory dépendra en grande partie de sa viabilité économique. Un tel projet exige des investissements colossaux en matériel, en énergie et en systèmes de refroidissement, dans un contexte où les tensions sur les semi-conducteurs persistent. Le Sénégal devra mobiliser des ressources budgétaires, des partenariats bilatéraux et des collaborations industrielles pour concrétiser ce projet dans des délais réalistes. La présentation à Tokyo pourrait ouvrir la voie à des négociations avec des partenaires japonais, européens ou du Golfe déjà actifs en Afrique.

Au-delà des infrastructures, la réussite de cette usine à IA repose sur des chantiers complémentaires : formation des ingénieurs, intégration des PME, protection des données et cadre réglementaire. Ces éléments sont indispensables pour que le projet ait un impact réel sur l’économie sénégalaise. Dakar mise sur une stratégie audacieuse : ne pas subir la révolution de l’IA, mais en capter une partie de la valeur pour son développement.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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