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Dakar 2026 : le Sénégal sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse

Publié le 9 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Dakar 2026 : le Sénégal sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse

Babacar Senghor, coordonnateur du projet des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), devant les plans de la piscine. (S. Cherkaoui/L'Équipe)

Moins de six mois avant l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) 2026 à Dakar, les préparatifs s’intensifient dans la capitale sénégalaise. Ce sera une première historique : ces Jeux seront le tout premier événement olympique organisé sur le sol africain. Le Sénégal, fier de cet exploit, mise tout sur l’organisation de cet événement d’envergure mondiale, qui se déroulera du 31 octobre au 13 novembre 2026.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

un événement historique pour le Sénégal et l’afrique

Les JOJ de Dakar 2026 s’apprêtent à accueillir 2 700 jeunes athlètes internationaux, âgés de 17 ans maximum au moment des compétitions. Parmi les 25 sports au programme, figurent des disciplines emblématiques comme le basket 3×3, le baseball, le breaking et le skateboard. Ces Jeux ne se contenteront pas d’être une vitrine sportive : ils symboliseront aussi une opportunité unique pour le Sénégal et l’Afrique de démontrer leur capacité à organiser des événements d’ampleur internationale.

une pression assumée par les autorités sénégalaises

Le ministre d’État sénégalais Ahmadou al-Aminou Lo, chargé du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation Sénégal 2050, supervise la coordination des JOJ. Il dirige un comité de veille qui se réunit deux fois par mois pour suivre les avancées et lever les obstacles en temps réel. Son objectif ? Faire en sorte que les structures étatiques sénégalaises soient agiles et opérationnelles pour répondre aux exigences olympiques.

« Il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique », rappelle-t-il. Et d’ajouter : « Notre rôle est d’aider à lever tous les risques liés à la livraison des JOJ. Nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. » Une double pression, mais aussi une immense fierté pour le pays.

un partenariat stratégique avec la France

Le Sénégal et la France entretiennent une collaboration étroite pour garantir le succès des JOJ. Depuis 2019, une convention de partenariat, appelée Alliance Dioko, lie les comités d’organisation des deux pays. Ce partenariat permet un partage d’expertise et de bonnes pratiques, notamment dans des domaines clés comme la gestion des volontaires, la sécurité des sites et l’organisation logistique.

Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal, souligne : « Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés dans l’équipe de Dakar 2026. » Ce soutien a permis la formation de 419 jeunes Sénégalais via la Learning Academy, un programme conçu pour acquérir les compétences nécessaires à l’organisation d’événements sportifs. Par ailleurs, un prêt souverain de l’Agence française de développement (AFD) a financé la rénovation de plusieurs infrastructures, dont le Stade Iba-Mar-Diop, le complexe Tour de l’œuf et douze sites sportifs de proximité.

des infrastructures modernes et durables

Le complexe Tour de l’œuf, situé dans le quartier du Point E à Dakar, est en pleine rénovation. Ce site accueillera les épreuves de basket 3×3, baseball, breaking et skateboard. Plus de 450 ouvriers y sont mobilisés pour moderniser les bassins de la piscine olympique, les tribunes et les espaces d’entraînement. La piscine, équipée d’une technologie d’économie d’eau et d’énergie, devrait être testée en conditions réelles dès le 15 mai 2025. Les clés du site seront remises au comité d’organisation des JOJ (Cojoj) le 15 août 2026, soit deux mois et demi avant le début des compétitions.

un héritage durable pour le Sénégal

Au-delà de l’événement, les autorités sénégalaises ambitionnent de transformer les JOJ en un levier de développement pour le pays. Ahmadou al-Aminou Lo déclare : « Nous voulons que les JOJ soient un élément déclencheur en matière d’héritage pour notre jeunesse. » L’objectif est de développer des centres d’excellence sport-études, de promouvoir la haute compétition et de booster l’économie du sport, actuellement estimée à 15 millions d’euros dans le PIB sénégalais. Le plan vise à doubler cette contribution via l’industrie du tourisme d’affaires (MICE), notamment en capitalisant sur les infrastructures rénovées après les Jeux.

« Après les JOJ, le complexe Tour de l’œuf abritera des terrains de football, de basket, de handball et de tennis, au service de la population locale », ajoute-t-il. Une vision à long terme qui dépasse le cadre des Jeux pour s’inscrire dans une stratégie nationale ambitieuse.

le défi de la propreté et de l’image

Les autorités sénégalaises ont conscience que l’image du pays sera scrutée à la loupe. Ahmadou al-Aminou Lo lance un défi : « Notre première médaille sera celle de la propreté. On a mis en place un plan de bataille pour faire ce que Kigali a réussi. » En effet, le Rwanda, avec sa capitale Kigali, est souvent cité comme exemple de propreté en Afrique. Le Sénégal entend bien suivre cet exemple et améliorer son classement dans les villes les plus propres du continent, où Dakar ne figure qu’en 17e position selon le classement 2025 de Jeune Afrique.

Avec ces JOJ, le Sénégal écrit une page importante de son histoire sportive et économique. Un défi ambitieux, mais une opportunité unique de rayonner sur la scène internationale et de laisser un héritage durable pour les générations futures.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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