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Crisis politique au Sénégal : Diomaye Faye et Ousmane Sonko face à une cohabitation explosive

Publié le 23 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Crise politique au Sénégal : une cohabitation explosive entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ?

Ousmane Sonko, à gauche, et Bassirou Diomaye Faye, à droite, au palais présidentiel de Dakar le 16 octobre 2025

Le binôme formé par Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko n’aura duré que deux ans. Le président de la République a écarté son premier ministre de ses fonctions, marquant ainsi une rupture politique majeure. Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, conserve son influence en dirigeant le Pastef, parti majoritaire à l’Assemblée mais absent du gouvernement. Cette situation soulève des questions essentielles : comment en est-on arrivé là ? Une cohabitation conflictuelle est-elle inévitable ? Et surtout, ces tensions ne risquent-elles pas de détourner l’attention des véritables enjeux qui préoccupent les Sénégalais ?

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Un duo politique en péril : les origines d’une rupture

Deux années à peine après leur alliance, le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko se retrouvent dans une situation de confrontation ouverte. Le limogeage de ce dernier de la Primature a marqué un tournant décisif. Désormais, Sonko occupe le poste de président de l’Assemblée nationale tout en restant à la tête du Pastef, le parti majoritaire au Parlement. Pourtant, son influence au sein du gouvernement s’est évaporée, ce qui ne manque pas de susciter des interrogations.

Cette séparation n’est pas anodine. Elle reflète des divergences profondes sur la gestion du pouvoir et les priorités nationales. Alors que Diomaye Faye semble vouloir recentrer l’action gouvernementale, Ousmane Sonko incarne une ligne plus radicale, portée par une base militante exigeante. Les deux hommes, autrefois alliés, se retrouvent aujourd’hui dans des camps opposés, chacun défendant une vision différente de l’avenir du Sénégal.

Une cohabitation possible ? Les défis d’un équilibre fragile

La question d’une cohabitation entre le président et le président de l’Assemblée nationale se pose avec acuité. Une telle situation, bien que constitutionnelle, reste rare et complexe. Pour qu’elle fonctionne, il faudrait une volonté commune de dialogue et de compromis. Or, les signes de tensions sont nombreux : déclarations publiques contradictoires, rivalités internes au Pastef, et une opposition qui guette chaque faux pas.

Les Sénégalais, eux, attendent des résultats concrets : amélioration des conditions de vie, lutte contre le chômage, formation des jeunes… Mais les querelles politiques risquent de reléguer ces priorités au second plan. Une cohabitation sous tension pourrait paralyser l’action gouvernementale et affaiblir la crédibilité des institutions.

Les acteurs clés de cette crise

Plusieurs personnalités jouent un rôle central dans cette dynamique :

  • Abdoulaye Tine, ministre conseiller et porte-parole de la Présidence, incarne la ligne officielle du gouvernement.
  • Amadou Ba, ancien ministre de la Culture et député du Pastef, représente l’aile la plus critique envers l’exécutif.
  • Babacar Ndiaye, analyste politique et directeur de recherche au think tank Wathi, apporte un éclairage indépendant sur les enjeux de cette crise.

Chacun de ces acteurs défend des positions qui, si elles ne sont pas toujours antagonistes, reflètent des visions différentes de la gouvernance. Leur interaction déterminera en grande partie l’issue de cette période de turbulence.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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