Face à l’afflux exceptionnel de migrants en direction de l’enclave espagnole de Ceuta, les autorités marocaines marquent leur volonté d’agir pour faciliter le retour des mineurs non accompagnés. Rabat assure être prêt à collaborer étroitement avec les institutions espagnoles et européennes, tout en pointant des défis juridiques majeurs.

Le Royaume du Maroc a clairement exprimé sa position : il est « prêt à œuvrer » au retour des mineurs non accompagnés bloqués à Ceuta. Cette annonce survient après l’arrivée massive de migrants en provenance du territoire marocain. Selon une source diplomatique, l’objectif affiché est de faciliter l’identification de ces jeunes en vue de leur rapatriement vers leur pays d’origine. Cependant, le processus se heurte à des contraintes légales côté espagnol, a précisé la même source.

« Nos partenaires espagnols et européens doivent surmonter les obstacles liés à leurs cadres législatifs et administratifs pour mener à bien cette opération », a souligné cette source sous couvert d’anonymat auprès de l’agence officielle marocaine.

Plus de 72 000 migrants débarqués en quelques jours

L’enclave de Ceuta a enregistré un afflux record de migrants en fin de mois de juillet. Quelque 72 000 personnes ont franchi illégalement la frontière en seulement quelques jours, un chiffre inédit. Parmi elles, près de 70 000 ont été renvoyées vers le Maroc, selon les données transmises par les autorités espagnoles. Les mineurs non accompagnés, eux, ne peuvent faire l’objet d’une expulsion et restent donc sur place.

D’après les chiffres communiqués par l’administration locale de Ceuta, sur les 2 000 personnes encore présentes après l’afflux, plus de 1 000 sont des mineurs isolés. Leurs pays d’origine n’ont pas été divulgués. Plusieurs organisations non gouvernementales ont alerté, jeudi, sur les dangers menaçant ces jeunes : trafics, exploitation et violences diverses.

Les bilans humains sont lourds. Une commission espagnole spécialisée en médecine légale recense au moins 80 décès, principalement par noyade, liés à cette crise migratoire. Du côté marocain, les autorités ont dénombré 11 victimes sur leur territoire frontalier.