Un tournant. C’est le mot qui s’impose à l’annonce du déplacement de Vassiriki Traoré, patron du renseignement ivoirien, attendu à Bamako le jeudi 15 octobre 2026. Une visite de travail de trois jours, sur invitation de son homologue malien, le général Modibo Koné, qui vient rompre des années de glaciation entre Abidjan et Bamako. L’action est claire : remettre le canal sécuritaire en marche, au moment où la menace terroriste ne cesse de peser sur toute la sous-région.
Une invitation qui enclenche le redémarrage du canal sécuritaire
Le déplacement de Vassiriki Traoré répond à une invitation formelle du directeur de l’Agence nationale de la sécurité d’État du Mali, Modibo Koné. Au menu des échanges : le partage de renseignements et la relance d’une collaboration opérationnelle entre les deux pays. Ce face-à-face pourrait bien constituer la première pierre d’une reprise des relations de travail entre les deux capitales, alors que les divergences politiques ont durablement fragilisé leur coopération.
Des années de brouille entre Abidjan et Bamako
Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires maliens en 2020, le climat entre les deux voisins ouest-africains n’a cessé de se dégrader. Désaccords sur les orientations diplomatiques, rapports contrastés avec la France, contentieux sécuritaires : autant de dossiers qui ont élargi le fossé entre Abidjan et Bamako.
L’épisode des 49 militaires ivoiriens interpellés à Bamako en juillet 2022 a porté ces tensions à leur paroxysme. Présentés comme des mercenaires par les autorités maliennes, les soldats avaient été condamnés avant de retrouver la liberté par voie de grâce. Abidjan a toujours affirmé qu’ils opéraient dans le cadre d’une mission de soutien aux Nations unies.
La lutte antiterroriste, moteur d’un rapprochement nécessaire
Au-delà des frictions politiques, un défi commun impose de dépasser les clivages : la menace jihadiste. Le Mali continue de subir des attaques de groupes armés terroristes, tandis que la Côte d’Ivoire surveille de près l’évolution de la situation dans ses régions septentrionales, toutes proches de la frontière malienne.
Dans ce contexte, une coordination renforcée des services de renseignement pourrait améliorer la prévention des attaques, le contrôle des frontières et la circulation des informations sur les mouvements des groupes armés.
Quelles retombées concrètes pour la sécurité régionale ?
La visite de Vassiriki Traoré à Bamako ouvre donc une fenêtre pour réexaminer les possibilités de coopération sécuritaire entre les deux États, en dépit de leurs divergences politiques. Reste à savoir si cette initiative permettra d’ouvrir une nouvelle phase de dialogue entre Abidjan et Bamako et de poser les bases d’un rapprochement plus durable.
