Côte d’Ivoire : le giaba renforce la lutte contre le blanchiment à Abidjan
Côte d’Ivoire : le GIABA tient sa 45e session à Abidjan pour un secteur financier plus sécurisé
La capitale économique ivoirienne, Abidjan, accueille du 18 au 23 mai 2026 un événement majeur dans la lutte contre les flux financiers illicites : la 45e session de la Commission technique et plénière du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette rencontre de haut niveau, couplée à la 31e réunion du Comité ministériel, rassemble des experts, des représentants des États membres de la CEDEAO, des partenaires techniques et financiers ainsi que des observateurs internationaux à Cocody.
Un cadre stratégique pour une lutte renforcée contre le blanchiment et le financement du terrorisme
Organisée en étroite collaboration avec la Côte d’Ivoire, cette session régionale s’impose comme un pilier essentiel dans l’évaluation et la coordination des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux (LBC) et le financement du terrorisme (FT) en Afrique de l’Ouest. Les travaux s’articulent autour de plusieurs axes clés :
- L’examen des rapports de suivi des États membres dans le cadre du deuxième cycle des évaluations mutuelles ;
- L’analyse des rapports de typologies produits par le Groupe de Travail sur les Risques, Tendances et Méthodes (RTMG) ;
- Le renforcement des activités du Forum des Cellules de Renseignement Financier (FCRF) ;
- L’amélioration des mécanismes d’assistance technique destinés aux pays membres.
La Côte d’Ivoire réaffirme son engagement dans la lutte contre la criminalité financière
Représentant le ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Moussa Sanogo, a rappelé lors de la cérémonie d’ouverture l’importance stratégique de cette rencontre. Il a souligné l’engagement ferme de la Côte d’Ivoire sous la direction du Président Alassane Ouattara, qui place la transparence et la rigueur au cœur de sa politique.
« La Côte d’Ivoire assume pleinement son rôle dans la sous-région. Grâce à une approche méthodique et déterminée, notre pays œuvre en faveur d’un système financier conforme aux normes internationales du Groupe d’Action Financière (GAFI). »
Plusieurs réformes structurelles ont été mises en œuvre pour aligner le dispositif national sur les standards internationaux. Malgré la complexité croissante des réseaux criminels transnationaux, les résultats obtenus sont jugés encourageants. Moussa Sanogo a insisté sur la nécessité d’une coopération sous-régionale renforcée pour faire face aux nouvelles menaces, notamment celles liées aux technologies émergentes.
« Aucun pays ne peut agir seul. La lutte contre le blanchiment de capitaux repose sur le partage d’informations, la confiance mutuelle et une volonté politique constante. C’est aussi une lutte pour le développement, la stabilité économique et la paix. »
Le ministre a également mis en avant l’importance de l’assainissement des systèmes financiers pour renforcer l’attractivité économique des États ouest-africains et sécuriser les investissements, tant nationaux qu’internationaux.
Les défis technologiques et la modernisation des cadres législatifs au cœur des débats
Hafsat Abubakar Bakari, Présidente de la Commission technique du GIABA, a salué les progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans la gouvernance financière et l’interopérabilité des données liées à la LBC/FT. Elle a souligné que plusieurs États membres affichent des avancées significatives grâce à l’amélioration de leurs cadres législatifs et à la modernisation de leurs Cellules de Renseignement Financier.
Toutefois, elle a alerté sur les nouveaux défis posés par les technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle générative, les deepfakes ou les identités synthétiques, utilisées par les réseaux criminels pour contourner les procédures classiques de vérification. Elle a appelé à une adaptation urgente des systèmes de détection, des règles de déclaration et de la formation des enquêteurs pour contrer ces menaces.
« La transparence autour des bénéficiaires effectifs des entités juridiques reste un axe prioritaire pour le troisième cycle des évaluations mutuelles du GIABA. »
Elle a également félicité les progrès accomplis par certains États membres, comme le Burkina Faso, le Mali et le Nigeria, récemment sortis de la liste grise du GAFI, tout en appelant le GIABA à poursuivre son accompagnement technique auprès de la Côte d’Ivoire afin d’accélérer sa sortie de cette liste.
Vers des recommandations opérationnelles pour un secteur financier plus résilient
Cette session devrait aboutir à des recommandations concrètes visant à renforcer les mécanismes de prévention, de détection et de répression des flux financiers illicites au sein de l’espace CEDEAO. Dans un contexte marqué par l’intensification des menaces sécuritaires et technologiques en Afrique de l’Ouest, ces travaux s’avèrent plus que jamais indispensables pour consolider la stabilité économique et financière de la région.