Côte d’ivoire : le cacao sous pression face à el nino et aux défis logistiques
Le secteur ivoirien du cacao, premier producteur mondial, affiche un bilan prometteur avec près d’un million de tonnes déjà vendues en contrats pour la récolte 2026-27. Pourtant, cette dynamique pourrait être freinée par l’arrivée attendue du phénomène climatique El Niño dès juillet, selon les acteurs de la filière et les négociants spécialisés dans les matières premières agricoles.
Face à cette situation, le Conseil du Café et du Cacao (CCC), basé à Abidjan, a ajusté sa stratégie en relevant sa prime sur les ventes supplémentaires. Cette prime est passée de zéro à 135 dollars par tonne au-dessus du prix à terme, une décision qui vise à mieux réguler les stocks disponibles. « Nous avons déjà commercialisé entre 950 000 et 1 million de tonnes pour la prochaine campagne, mais nous avons choisi de ralentir le rythme pour adopter une approche plus mesurée », confie une source interne au CCC.
Une demande soutenue mais des risques persistants
Les acteurs du trading anticipent un volume d’exportations compris entre 1,1 et 1,2 million de tonnes, justifiant ainsi l’augmentation de la prime imposée par le CCC. « Le marché actuel permet une position plus offensive. Le Conseil n’a pas besoin de réduire sa prime pour attirer des contrats », explique un responsable d’une entreprise spécialisée dans le négoce du cacao.
El Niño : un spectre menaçant pour les récoltes
Cependant, cette embellie pourrait être de courte durée. El Niño menace de provoquer une sécheresse dans les principales zones de production, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Cameroun et au Nigeria. Une telle situation risquerait de perturber gravement la production de cacao, mettant en péril les approvisionnements futurs.
Les vrais défis : vieillissement des plantations et coût des intrants
Au-delà des aléas climatiques, les exportateurs pointent du doigt d’autres obstacles structurels. Le vieillissement des plantations, couplé à la hausse des prix des engrais et des produits phytosanitaires, représente une menace bien plus immédiate pour la productivité. « El Niño n’est pas notre principale préoccupation. Le vrai danger réside dans l’accès limité aux intrants agricoles, essentiels pour maintenir les rendements », souligne le directeur d’un groupe exportateur basé à Abidjan.