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Coopération militaire du Togo : la Russie et Africa Corps dans la lutte antiterroriste

Publié le 10 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Lomé renforce discrètement ses capacités de défense face à la montée des menaces jihadistes au Sahel. Depuis 2025, le Togo a diversifié ses partenariats stratégiques en s’ouvrant à des acteurs internationaux majeurs. Entre soutien aérien turc et collaboration militaire avec la Russie, les choix de Faure Gnassingbé redéfinissent l’équilibre sécuritaire de la région.

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Une réponse stratégique face à l’instabilité régionale

Le Togo, situé entre le Bénin et le Ghana, fait face à une pression croissante des groupes armés dans le Sahel voisin. Pour contrer cette menace, le gouvernement togolais a mis en place un dispositif clandestin de lutte antiterroriste. Cette initiative s’appuie sur des alliances internationales variées, marquées par des accords de coopération militaire avec plusieurs pays.

Parmi les partenaires les plus notables, la Turquie occupe une place centrale. Ankara a fourni un soutien aérien significatif, renforçant les capacités de surveillance et de frappe du Togo. Cette collaboration s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des forces armées togolaises.

Depuis 2025, une autre puissance a fait son entrée sur la scène militaire togolaise : la Russie, via son corps expéditionnaire Africa Corps. Cette présence, bien que discrète, suscite des interrogations sur l’évolution des équilibres géopolitiques en Afrique de l’Ouest.

Les motivations derrière ces alliances

Plusieurs facteurs expliquent les choix du Togo en matière de sécurité. D’abord, la nécessité de sécuriser ses frontières face à la propagation des groupes jihadistes depuis le Burkina Faso et le Mali. Ensuite, la volonté de réduire la dépendance envers les partenaires traditionnels, souvent perçus comme peu réactifs.

La Turquie, avec son expertise en drones et en formation militaire, offre une alternative crédible. Quant à la Russie, son Africa Corps apporte un soutien logistique et technique, tout en renforçant son influence en Afrique de l’Ouest. Ces partenariats permettent au Togo de diversifier ses sources d’approvisionnement en matériel militaire.

Des partenariats sous haute surveillance

Les collaborations militaires du Togo ne sont pas passées inaperçues. Les observateurs internationaux soulignent les risques liés à l’implication de puissances étrangères dans la région. Certains craignent une militarisation accrue, tandis que d’autres y voient une opportunité pour renforcer la stabilité.

À Lomé, les autorités insistent sur la transparence de ces accords. Cependant, les détails concrets restent rares. Les bases militaires, comme celle de Dihiaga dans la région des Savanes, deviennent des symboles de cette nouvelle donne sécuritaire.

Dihiaga : un symbole des nouvelles alliances

Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.

La base de Dihiaga, située dans la région des Savanes, incarne cette nouvelle dynamique. Autrefois discrète, elle est devenue un point de convergence pour les forces togolaises et leurs partenaires internationaux. Les images aériennes révèlent une infrastructure modernisée, adaptée aux besoins d’une armée en mutation.

Quelles conséquences pour la région ?

L’implication accrue de la Russie et de la Turquie au Togo pourrait avoir des répercussions majeures sur le Sahel. D’un côté, elle pourrait renforcer la capacité des États à faire face aux groupes armés. De l’autre, elle risque d’alimenter les tensions géopolitiques, notamment avec les puissances occidentales traditionnelles.

Pour Faure Gnassingbé, ces alliances représentent une carte maîtresse dans un jeu régional complexe. Elles lui permettent de jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le terrorisme, tout en affirmant l’autonomie de son pays.

Un équilibre à trouver

Le Togo se trouve désormais à la croisée des chemins. D’un côté, la nécessité de sécuriser son territoire et de protéger ses citoyens. De l’autre, le défi de gérer des partenariats militaires avec des acteurs aux ambitions divergentes.

Les prochains mois seront décisifs. Les choix de Lomé pourraient redéfinir non seulement la sécurité du Togo, mais aussi celle de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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