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Coopération énergétique Sénégal-Algérie : un partenariat stratégique renforcé

Publié le 27 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La coopération énergétique entre le Sénégal et l’Algérie vient de franchir une étape décisive. Des discussions tenues à Alger ont conduit les représentants gouvernementaux des deux nations à unir leurs compétences dans le secteur crucial des hydrocarbures. Cette rencontre, qui a réuni le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères avec ses homologues algériens de l’énergie et de la diplomatie, témoigne d’une ambition partagée de forger un partenariat industriel solide entre Dakar et Alger. Les deux capitales se positionnent désormais comme des acteurs majeurs sur la scène des producteurs africains d’hydrocarbures.

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Ce rapprochement intervient à un moment clé pour l’économie sénégalaise. Depuis 2024, le Sénégal a débuté l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar, géré par la compagnie australienne Woodside, et est entré dans la phase de production gazière avec le projet Grand Tortue Ahmeyim, situé à cheval sur la frontière mauritanienne. Dakar, qui élabore actuellement son cadre institutionnel pour ce secteur en pleine expansion, cherche à s’appuyer sur des partenaires possédant une longue expérience et une chaîne de valeur intégrée. L’Algérie, membre fondateur de l’OPEP et deuxième fournisseur de gaz de l’Europe, répond parfaitement à ces critères.

Un partenariat Sud-Sud stratégique dans les hydrocarbures

La rencontre d’Alger a permis d’identifier plusieurs axes de collaboration concrets entre les deux États. Les échanges se sont concentrés sur la formation des cadres sénégalais du secteur pétrolier et gazier, sur l’apport technique de la Sonatrach à ses homologues sénégalais, et sur le partage d’expériences en matière de fiscalité, de contenu local et de régulation. Autant de domaines essentiels pour le Sénégal, qui doit trouver le juste équilibre dans la répartition des revenus entre les entités publiques, les grandes multinationales et les opérateurs locaux.

Pour Alger, cette initiative s’inscrit dans une politique africaine plus affirmée. Le gouvernement algérien a multiplié les démarches diplomatiques en direction de l’Afrique de l’Ouest ces deux dernières années, notamment à travers le projet de route transsaharienne et le gazoduc Nigeria-Algérie, tout en renforçant sa présence au sein des institutions multilatérales continentales. La signature de ces accords sectoriels avec Dakar prolonge cette dynamique et permet à la Sonatrach de déployer son expertise au-delà du Maghreb et de la région du Sahel.

Dakar recherche une expertise pétrolière avérée

Du côté sénégalais, l’enjeu est double. Il s’agit en premier lieu d’accélérer le renforcement des compétences de Petrosen, la compagnie nationale, dont le rôle a été redéfini par la nouvelle équipe gouvernementale en place depuis 2024. Les autorités sénégalaises ont fait de la renégociation des contrats pétroliers et gaziers un engagement politique majeur, promettant une distribution plus équitable des bénéfices tirés des ressources naturelles. Dans cette optique, le soutien technique d’une compagnie publique étrangère expérimentée représente un atout considérable.

En second lieu, il est question d’ancrer la stratégie énergétique sénégalaise dans une logique de diversification des partenaires. Jusqu’à présent, Dakar collaborait principalement avec des majors occidentales — telles que Woodside, BP, ou Kosmos Energy — et sollicitait l’expertise norvégienne via le programme Oil for Development. L’ouverture vers Alger élargit le champ des possibles et intègre un partenaire africain dans un domaine traditionnellement dominé par les acteurs du Nord, marquant une évolution notable de la Sahel politique énergétique.

Un signal diplomatique au-delà de l’énergie

Cette initiative dépasse le cadre strict des hydrocarbures. Elle consolide également un alignement diplomatique sur plusieurs dossiers continentaux, à l’heure où le Sahel occidental connaît une période de profonde transformation. Les deux capitales entendent coordonner leurs positions au sein de l’Union africaine, notamment sur les questions de sécurité énergétique et d’intégration économique. La présence à Alger du chef de la diplomatie sénégalaise, et non pas uniquement du ministre de l’Énergie, souligne l’importance politique de cet accord.

Il reste à concrétiser ces convergences en projets opérationnels. Des accords énergétiques antérieurs signés par Alger avec d’autres nations africaines ont parfois eu du mal à dépasser le stade des intentions. Pour Dakar, le défi sera d’inscrire cette coopération dans un calendrier précis, avec des résultats tangibles : programmes de formation, missions techniques de la Sonatrach, et d’éventuelles prises de participation croisées. Les mois à venir révéleront si l’axe énergétique Dakar-Alger s’établit durablement dans le paysage africain des hydrocarbures.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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