Centrafrique : martin ziguélé dénonce l’échec économique et appelle au dialogue national

Quelques semaines après la prestation de serment de Faustin Archange Touadéra, marquant l’avènement de la VIIe République centrafricaine, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et figure majeure du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), s’exprime à nouveau. Son intervention survient dans un contexte national marqué par des tensions persistantes entre le pouvoir central et les forces politiques opposantes.

Un bilan économique jugé désastreux par l’opposition

Depuis Bangui, Martin Ziguélé expose un diagnostic particulièrement sombre de la situation. Après dix ans de gouvernance sous l’actuel régime, il souligne que les conditions de vie de la population centrafricaine ne cessent de se dégrader. Pour lui, la priorité absolue réside dans l’organisation d’un dialogue constructif entre les dirigeants politiques et les représentants de la société civile, afin de briser le cycle de déclin économique et social.

Des indicateurs sociaux et économiques alarmants

Pour étayer ses critiques, l’opposant s’appuie sur des données récentes. Selon les dernières estimations, près de deux tiers des Centrafricains vivent désormais sous le seuil de pauvreté, un chiffre qui a presque doublé depuis 2016. Cette précarité grandissante s’accompagne de défis structurels majeurs :

  • Accès limité aux services essentiels : un nombre croissant de ménages n’a pas accès à l’eau potable ni à l’électricité, aggravant les conditions de vie.
  • Infrastructures routières en ruine : les axes routiers, souvent obstrués par des barrages illégaux, compliquent les échanges commerciaux et le transport des denrées.
  • Effondrement des filières agricoles : la production cotonnière, autrefois florissante avec près de 100 000 tonnes annuelles, chute désormais à moins de 2 000 tonnes. Certaines cultures traditionnelles, comme le café, ne sont plus statistiquement suivies en raison de leur déclin.

Ces dysfonctionnements illustrent, selon Ziguélé, l’incapacité du gouvernement à relancer l’économie nationale et à répondre aux besoins fondamentaux de la population.

La nécessité d’un dialogue inclusif pour relancer le pays

Martin Ziguélé insiste sur l’impérieuse nécessité d’engager des discussions entre toutes les forces vives du pays. Pour lui, le dialogue n’est pas une option, mais une condition sine qua non pour surmonter les blocages politiques et sociaux. Il rappelle que la majorité des Centrafricains réside en milieu rural et subit de plein fouet les conséquences de l’enclavement et de la désorganisation des circuits de production.

Bien que Faustin Touadéra ait mis en avant des avancées lors de son investiture le 30 mars 2026, reconnaissant par ailleurs l’ampleur des défis à relever, Ziguélé estime que ces mesures resteront inefficaces sans une concertation large et transparente. Sans cela, les réformes structurelles indispensables au redressement économique et social du pays peineront à aboutir.