Candidature de ousmane sonko en 2029 : un tournant politique au Sénégal

Candidature de Ousmane Sonko en 2029 : un tournant politique au Sénégal

Le président Bassirou Diomaye Faye a signé un décret historique modifiant le code électoral sénégalais. Cette réforme controversée pourrait, selon les analystes, lever les obstacles à une candidature future de Ousmane Sonko à la présidentielle de 2029. Une décision qui relance les débats au sein même du parti au pouvoir, le Pastef.

Le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au palais présidentiel

Le décret présidentiel, publié samedi, officialise une réforme majeure du code électoral. Son objectif affiché ? Réaménager les conditions de déchéance des droits civiques, un dossier qui touche directement l’éligibilité de Ousmane Sonko. Ce dernier, Premier ministre depuis juillet 2025, avait été privé de ses droits civiques après sa condamnation pour diffamation en 2023, une décision confirmée par la Cour suprême en janvier 2024.

La nouvelle loi introduit une limitation claire : la déchéance civique ne pourra désormais excéder cinq ans après l’expiration de la peine. Une mesure aux relents rétroactifs qui suscite de vives réactions. Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef, avait été remplacé par Bassirou Diomaye Faye lors de la présidentielle de mars 2024, après avoir été lui-même écarté par la justice.

Un texte qui divise le camp présidentiel

Les tensions au sein du Pastef se sont intensifiées ces dernières semaines. Plusieurs responsables du parti accusent le chef de l’État de vouloir freiner l’adoption définitive du texte, voire de manœuvrer pour écarter Ousmane Sonko de la course électorale de 2029. Ces allégations ont été renforcées lorsque Bassirou Diomaye Faye avait demandé une nouvelle lecture du projet de loi fin avril, invoquant des « erreurs matérielles ».

Après des débats houleux, les députés ont finalement adopté la réforme le 9 mai. Le texte, promulgué mardi, marque un tournant dans l’histoire politique récente du Sénégal. Sonko, devenu Premier ministre, reste un acteur incontournable malgré son passé judiciaire. Son élection comme député en novembre 2024, avant qu’il ne renonce à siéger, avait déjà confirmé son ancrage dans le paysage politique.

Un espoir pour Ousmane Sonko

La réforme du code électoral pourrait lui permettre de récupérer ses droits civiques à temps pour se présenter en 2029. Une hypothèse qui agite les esprits au sein du Pastef. Certains y voient une stratégie du président Faye pour consolider son pouvoir, tandis que d’autres y lisent une volonté de réconciliation avec l’un de ses alliés les plus influents.

Ousmane Sonko, après avoir surmonté l’obstacle judiciaire grâce à sa nomination comme Premier ministre, pourrait bientôt voir s’ouvrir devant lui les portes de la candidature présidentielle. Une perspective qui redessine déjà les alliances et les rapports de force au sein du parti au pouvoir.