Bénin : Romuald Wadagni devient président, une nouvelle ère s’ouvre après Talon

Bénin : Romuald Wadagni devient président, une nouvelle ère s’ouvre après Talon

Le Bénin a tourné une page de son histoire politique ce dimanche 24 mai à Cotonou. Romuald Wadagni, ancien ministre des Finances, a officiellement prêté serment pour entrer en fonction à la présidence du pays, succédant ainsi à Patrice Talon après une décennie au pouvoir.

Romuald Wadagni investi président du Bénin

Âgé de 49 ans, Romuald Wadagni a été élu en avril avec un score historique de plus de 94 % des suffrages. Il entame désormais un mandat de sept ans, renouvelable, et a choisi de marquer cette transition par un discours axé sur la continuité économique et la nécessité de renforcer la sécurité nationale.

Un héritage économique à poursuivre, des défis sécuritaires à relever

Ancien architecte des réformes économiques qui ont marqué le pays ces dernières années, Romuald Wadagni a promis, dans son allocution, une croissance « perceptible dans le quotidien des Béninois ». Cependant, il devra rapidement répondre à une menace grandissante : l’expansion des groupes jihadistes dans le nord du Bénin, une préoccupation majeure pour la stabilité régionale.

Face à ce défi, le nouveau président a réaffirmé sa détermination à bâtir un État « résolu » contre les menaces sécuritaires, tout en insistant sur l’importance d’une collaboration renforcée avec les nations voisines.

Un signal fort vers les voisins sahéliens

L’investiture de Romuald Wadagni a également servi de catalyseur pour apaiser les tensions diplomatiques. Le Niger, dont les relations avec Cotonou étaient tendues, était représenté par son Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, accueilli par une ovation nourrie.

Le Burkina Faso et le Mali ont également envoyé leurs ministres des Affaires étrangères, marquant ainsi une volonté de normalisation des échanges au sein de l’Afrique de l’Ouest.

Les premiers pas du nouveau président en matière de libertés publiques seront particulièrement scrutés. Plusieurs organisations non gouvernementales ont en effet pointé du doigt l’ancien pouvoir pour avoir, selon elles, durci le climat politique et médiatique au Bénin.