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Autosuffisance céréalière au Burkina Faso : des chiffres officiels déconnectés de la réalité des marchés

Publié le 24 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Au Burkina Faso, l’annonce d’une autosuffisance céréalière quasi totale par les autorités laisse perplexe la population burkinabè. Si les bilans officiels clament une couverture optimale des besoins en maïs, millet et sorgho, les étals des marchés de Ouagadougou, de Bobo-Dioulasso ou des zones rurales démentent catégoriquement cette affirmation. Les prix exorbitants des denrées de base transforment chaque achat en un défi financier pour des milliers de foyers, rendant ces statistiques officielles aussi crédibles qu’un mirage.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Des chiffres officiels en décalage avec le quotidien des Burkinabè

Une politique agricole ne se mesure pas à l’aune de déclarations triomphales, mais à l’impact tangible sur la vie des citoyens. Quand un père de famille doit rognier sur ses repas pour joindre les deux bouts, quand une mère de ménage hésite longuement avant d’acheter une mesure de maïs, ces comportements parlent plus fort que tous les rapports ministériels. La hausse des prix des céréales en est la preuve flagrante : comment parler d’abondance lorsque le sac de millet dépasse le budget hebdomadaire d’un travailleur ?

L’inflation, la spéculation et l’enclavement : les vrais responsables de la crise

Les chiffres d’autosuffisance céréalière, aussi flatteurs soient-ils, ignorent les réalités du terrain. Ils omettent les défis logistiques qui isolent certaines régions, la spéculation qui fluctue les cours selon les rumeurs, et surtout, l’inflation galopante qui grignote le pouvoir d’achat. Un sac de maïs à 20 000 francs CFA n’a rien d’une preuve d’abondance ; c’est le symptôme d’un système en crise, où l’abondance théorique se heurte à l’inaccessibilité pratique.

La vérité sort des étals, pas des discours

Les marchés burkinabè sont le miroir le plus fidèle de la situation alimentaire du pays. Quand les prix flambent et que les ménages doivent compter chaque franc, les déclarations d’autosuffisance deviennent non seulement inutiles, mais risibles. Plutôt que de s’enfermer dans une logique d’autocongratulation, l’État gagnerait à écouter le peuple et à agir concrètement : réguler les prix, soutenir le pouvoir d’achat et garantir un accès équitable aux céréales. Car en définitive, c’est bien la population qui juge la pertinence d’une politique, pas les chiffres.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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