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Alliance des états du sahel : le mali sous emprise russe ?

Publié le 24 avril 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

L’Alliance des États du Sahel fragilisée par l’influence russe au Mali

L’Alliance des États du Sahel (AES), créée pour renforcer la coopération entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger face aux défis sécuritaires, traverse une crise majeure. Une note confidentielle des services de renseignement burkinabè révèle une infiltration systémique de l’État malien par des réseaux russes. Ce document, qui circule désormais sous le manteau, met en lumière une dépendance croissante de Bamako envers Moscou, au détriment de la souveraineté malienne et de la cohésion de l’alliance.

Écoutez cet articleEnviron 4 min
Carte des pays de l'Alliance des États du Sahel

Des personnalités clés sous influence russe

Selon les renseignements burkinabè, l’infiltration russe ne se limite pas aux conseillers militaires sur le terrain. Elle s’étendrait aux plus hautes sphères de l’État malien, remettant en cause l’autonomie décisionnelle du pays. Parmi les personnalités citées dans la note figurent :

  • Yamoussa Camara, conseiller proche du président Assimi Goïta ;
  • Modibo Maïga et Moussa Diakité, acteurs majeurs de l’administration et de la diplomatie ;
  • Bakari Koré et Harouna Haidara, militaires de haut rang ;
  • Sékou Bolly et le journaliste Issa Cissé, impliqués dans les médias et les milices.

Cette toile d’influence soulève une question cruciale : qui décide vraiment au Mali ? Pour Ouagadougou, la réponse est claire : les choix stratégiques de Bamako pourraient désormais être dictés par des intérêts étrangers, sapant ainsi la crédibilité de l’AES.

La souveraineté malienne en péril ?

L’AES a été fondée sur un principe intransigeant : la souveraineté. Pourtant, le Mali semble avoir troqué une dépendance (occidentale) contre une autre (russe). Cette transition géopolitique suscite l’inquiétude des partenaires de l’alliance, notamment le Niger et le Burkina Faso. Ces derniers redoutent que les décisions de Bamako ne servent plus les intérêts régionaux, mais ceux de Moscou.

Les conseillers et mercenaires russes présents sur le sol malien deviennent un sujet de friction. Ils sont perçus comme une menace potentielle, capable de déstabiliser l’équilibre fragile du Sahel. Les tensions entre les membres de l’AES s’accentuent, notamment avec le Niger, qui observe avec méfiance cette ingérence étrangère dans un pays clé de l’alliance.

L’AES peut-elle survivre à ses divisions ?

L’avenir de l’Alliance des États du Sahel est aujourd’hui incertain. La fuite de la note burkinabè a révélé des fractures profondes au sein du bloc. Si le Mali est soupçonné de perdre le contrôle de sa politique intérieure, comment maintenir une défense commune efficace ?

Les observateurs s’interrogent : l’AES est-elle condamnée à éclater ? Pour beaucoup, la survie de l’alliance dépendra de la capacité du Mali à reprendre le contrôle de son destin. Sans cela, l’influence russe pourrait bien avoir raison d’une union née dans l’espoir de briser les chaînes de la dépendance.

Une chose est sûre : le Sahel n’a plus les moyens de se permettre des divisions. Face à l’insécurité persistante et aux enjeux géopolitiques, l’AES doit trouver un équilibre entre souveraineté et alliances stratégiques… ou risquer de disparaître.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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